Des passagers dénoncent des demandes d'argent, des fouilles arbitraires et des procédures freinées exprès à l'aéroport international d'Ivato, selon une enquête publiée le 22 octobre 2026 par L'Express de Madagascar. Leurs témoignages dessinent une porte d'entrée de l'île malade, où l'argent de la corruption s'infiltre comme l'eau dans la latérite.
Ivato, c'est la première poignée de main tendue aux visiteurs et le dernier regard posé sur la terre natale par ceux qui partent. C'est aussi, pour des voyageurs malgaches, un passage à l'épreuve où la dignité se monnaie en billets verts.
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Des témoignages qui font tache d'huile
Plusieurs usagers rapportent des sollicitations insistantes d'argent ou de cadeaux de la part d'agents, des contrôles ralentis volontairement, des fouilles jugées arbitraires. Le message, à peine voilé : payer pour passer. « Lors de mon dernier voyage, des objets ont disparu de mes bagages et ma valise a été endommagée », a témoigné hier Stéphane, un passager.
Un père de famille raconte le calvaire de sa fille, bloquée alors qu'elle partait étudier à l'étranger. « Pourquoi la validité de son visa a-t-elle soudainement posé problème avant d'être acceptée dès le versement de quelques dollars ? » La pression s'exerce en dernière minute, sous la menace de manquer son vol. « Si on a un visa, c'est que notre motif de voyage est clair », poursuit-il.
Les jeunes femmes voyageant seules subissent des interrogatoires approfondis sur leurs motifs de départ. La lutte contre la traite des êtres humains est invoquée pour justifier ces contrôles, mais leurs modalités et les retards qu'elles provoquent laissent les voyageurs amers.
Un mal structurel, pas des brebis galeuses
« Oui, ces corruptions persistent à l'aéroport », affirme le sociologue Lanto Ratsida, cité par L'Express de Madagascar. « Ce n'est pas seulement un problème de comportement individuel, mais un problème structurel. »
Ce diagnostic, nous le connaissons. Le même qui ronge les guichets miniers et les bureaux de douane ronge aussi les comptoirs d'embarquement. Un salaire de misère, un pouvoir de nuisance sans contrôle, et la machine produit ses propres corrupteurs. La faute n'est pas à l'agent seul ; elle est à un système qui laisse prospérer l'ombre.
Car l'ombre règne à Ivato. Cinq entités s'y croisent sans que personne n'y voie clair : l'Aviation civile de Madagascar (ACM), les douanes, la Police de l'air et des frontières (PAF), la Société de protection et de services de sécurité (SPSS) et l'Agence nationale de lutte contre les fraudes (ANAF). Pour le voyageur spolié, impossible de savoir de quel service relève l'agent qui vient de fouiller sa valise, ni à qui adresser sa plainte. Cette opacité arrange bien des monde{
