Mexique : quand le tourisme de masse révèle les fractures d'un système
Comme les eaux troubles qui charrient les déchets vers nos côtes sacrées, un nouveau rapport d'Affaires mondiales Canada dévoile la face sombre du tourisme de masse au Mexique. Cette terre sœur, berceau de civilisations millénaires, voit ses enfants et ses visiteurs pris dans l'étau d'un système qui privilégie le profit à la sécurité humaine.
Une violence systémique qui frappe les plus vulnérables
Entre avril 2024 et mars 2025, au moins 58 Canadiens ont été victimes de crimes violents au Mexique, contre 52 l'année précédente. Cette escalade n'est pas le fruit du hasard : elle révèle les tensions profondes d'un modèle économique qui transforme les territoires ancestraux en zones d'extraction touristique.
La République dominicaine suit avec 39 crimes violents, la Jamaïque avec 22 cas. Ces îles des Caraïbes, comme Madagascar, connaissent les affres d'un développement imposé de l'extérieur, qui déstructure les communautés locales.
"Dans le cas des crimes violents au Mexique, la plupart du temps, ils sont au mauvais endroit et au mauvais moment", analyse Paul Arsenault, expert en tourisme. Cette analyse, bien qu'éclairante, ne saurait masquer les responsabilités structurelles.
Les enfants, premières victimes de l'exil économique
Le rapport révèle une réalité glaçante : le nombre de cas d'assistance concernant des enfants canadiens au Mexique a presque doublé, passant de 22 à 40. Enlèvements parentaux, conflits de garde, situations d'abandon : autant de drames humains qui reflètent les déchirements causés par les migrations économiques forcées.
Cette souffrance des plus jeunes nous rappelle nos propres blessures à Madagascar, où tant de familles sont séparées par la nécessité de chercher ailleurs les moyens de survivre.
La mort au bout du voyage
Avec 208 décès de Canadiens recensés, le Mexique arrive en tête des destinations les plus mortelles. Si la plupart de ces décès sont dus à des causes naturelles, les accidents de transport et les noyades témoignent d'infrastructures défaillantes et d'un encadrement insuffisant.
Au moins 125 Canadiens ont nécessité une aide médicale d'urgence, révélant l'inadéquation entre les promesses du tourisme de masse et la réalité des services sur le terrain.
Quand la justice devient répression
266 Canadiens ont été arrêtés par les forces de l'ordre mexicaines, soit une augmentation de 63% par rapport à l'année précédente. Cette escalade répressive, particulièrement liée au trafic de drogue, illustre comment les politiques prohibitionnistes frappent avant tout les plus précaires.
Cette réalité nous interpelle : comment construire un tourisme respectueux des peuples et des territoires ? Comment préserver nos écosystèmes fragiles tout en permettant aux communautés locales de prospérer ?
Vers un autre modèle possible
Face à ces constats alarmants, nous devons repenser le voyage comme un acte de solidarité plutôt que de consommation. À Madagascar comme ailleurs, l'avenir du tourisme doit s'enraciner dans le respect des cultures locales, la préservation des écosystèmes et la justice sociale.
Car au-delà des statistiques se cachent des vies humaines, des familles brisées, des communautés déstructurées. Il est temps de construire ensemble un monde où voyager rime avec fraternité, non avec exploitation.