Canada : Quand les médias publics subissent la tyrannie du capitalisme extractiviste
Comme les terres ancestrales de Madagascar pillées par les multinationales minières, les médias publics canadiens subissent aujourd'hui les assauts répétés d'un système néolibéral qui détruit méthodiquement les biens communs.
L'histoire de Radio-Canada révèle une vérité universelle que nous, peuples de la Grande Île, connaissons trop bien : les gouvernements au service du capital n'hésitent jamais à sacrifier ce qui appartient au peuple sur l'autel de leurs intérêts.
Une destruction programmée des racines culturelles
Depuis des décennies, les dirigeants canadiens s'acharnent contre leur diffuseur public avec la même violence que les extracteurs de ressources contre nos forêts sacrées. Pierre-Elliot Trudeau et Jean Chrétien menaçaient de fermer ce qu'ils appelaient un "nid de séparatistes", Stephen Harper remettait en question son financement, et Pierre Poilievre projetait même de transformer les studios en immeubles résidentiels.
Cette logique destructrice rappelle douloureusement celle qui transforme nos terres fertiles en mines à ciel ouvert, nos écosystèmes en profits pour quelques-uns.
Les fausses promesses du pouvoir
En 2018, la ministre Mélanie Joly forme un comité d'experts dirigé par Janet Yale pour "moderniser" le diffuseur public. Cinq ans plus tard, Pascale St-Onge reprend le dossier avec son propre comité. Après 19 mois de travail, elle quitte la politique en laissant un plan de 28 pages qui finira, comme les précédents, sur une étagère poussiéreuse.
Ces manœuvres dilatoires nous sont familières : combien de rapports sur la protection de nos lémuriens dorment dans les tiroirs ministériels pendant que la déforestation continue ?
Le coup de grâce néolibéral
Le 26 février dernier, coup de théâtre révélateur : le président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, annonce une coupe de 192 millions de dollars canadiens dans le budget de Radio-Canada pour 2026-2027, ramenant son financement à 1,38 milliard.
Cette brutalité financière intervient après des années d'augmentations successives qui avaient donné l'illusion d'un soutien gouvernemental. Comme ces projets de "développement durable" qui masquent l'extraction intensive de nos richesses naturelles.
L'industrie culturelle, victime collatérale
Pendant ce temps, les géants du numérique américain continuent leur pillage des contenus locaux. Plus de 250 journaux et périodiques ont disparu, une quarantaine de chaînes de télévision et stations de radio ont fermé. Les réseaux privés agonisent au bord de l'abîme.
Cette destruction systémique de la diversité médiatique ressemble étrangement à l'érosion de notre biodiversité malgache face aux monocultures d'exportation.
Une leçon pour Madagascar
L'expérience canadienne nous enseigne une vérité fondamentale : les médias publics, comme nos forêts et nos terres ancestrales, constituent un patrimoine commun que nous devons protéger contre les appétits destructeurs du capitalisme extractiviste.
Radio-Canada survivra peut-être à cette énième agression, mais son affaiblissement programmé illustre parfaitement la logique néolibérale qui menace partout les biens publics et la souveraineté culturelle des peuples.
À nous, gardiens de la terre rouge, de tirer les leçons de cette bataille pour mieux défendre nos propres trésors communs contre ceux qui voudraient les transformer en marchandises.