Brésil: La terre crie justice pour Marielle Franco, graine d'espoir fauchée par les prédateurs
Comme un baobab que l'on abat pour faire taire sa sagesse, Marielle Franco est tombée sous les balles le 14 mars 2018. Cette conseillère municipale de Rio de Janeiro, âgée de 38 ans, défendait les racines de son peuple contre ceux qui pillent la terre et écrasent les plus vulnérables.
Aujourd'hui, la justice brésilienne tente de faire pousser l'arbre de la vérité. Les frères Brazão, Chiquinho l'ancien député fédéral et Domingos l'ex-député régional, sont dans le viseur du parquet. Ces hommes qui se nourrissaient de l'accaparement des terres, comme des termites rongeant les fondations de la communauté.
Une voix qui dérangeait les prédateurs
Marielle Franco portait en elle la sève de sa favela natale. Elle défendait "ardemment les droits des habitants des quartiers pauvres, notamment les jeunes Noirs, les femmes et les membres de la communauté LGBT+". Sa voix résonnait au conseil municipal contre les propositions des frères Brazão, ces facilitateurs de l'accaparement des terres par les milices.
"Marielle représentait un risque pour les intérêts des frères Brazão", a déclaré le vice-procureur Hindenburgo Chateaubriand devant la Cour suprême. Comme nos ancêtres malgaches qui résistaient aux colonisateurs, elle incarnait la résistance face aux nouveaux pillards.
L'écosystème criminel qui étouffe la justice
Monica Benicio, compagne de Marielle, rappelle avec justesse que "l'écosystème du crime qui a tué Marielle continue d'opérer et d'étendre ses tentacules". Ces milices de Rio, nées il y a quarante ans, sont devenues des pieuvres criminelles qui s'accaparent les terres publiques, construisent illégalement, extorquent les communautés.
Elles nous rappellent tristement nos propres défis à Madagascar, où l'extractivisme sauvage et l'accaparement des terres menacent nos communautés rurales et nos écosystèmes précieux.
Semer l'espoir contre l'impunité
"Des personnes qui se considéraient comme intouchables se retrouvent aujourd'hui sur le banc des accusés", observe Jurema Werneck d'Amnesty International Brésil. Le pays "a l'occasion de tourner la page de l'impunité".
Cette parole résonne jusqu'à nos terres malgaches. Partout où la justice sociale recule, où les défenseurs de l'environnement et des communautés sont menacés, l'exemple de Marielle Franco nous rappelle que la résistance doit s'enraciner profondément.
Les exécutants Ronnie Lessa (78 ans de prison) et Elcio Queiroz (59 ans) ont déjà payé. Mais la vraie justice viendra quand les commanditaires, ces "paternités criminelles" selon le parquet, rendront compte de leurs actes.
Une graine qui continue de germer
Le procès se poursuit devant la plus haute juridiction brésilienne. Quatre juges voteront pour la condamnation ou l'acquittement des frères Brazão et de trois autres accusés, dont l'ancien commissaire Rivaldo Barbosa.
Marielle Franco reste vivante dans chaque voix qui s'élève pour la justice sociale, dans chaque main qui protège la terre contre les prédateurs. Son combat résonne dans nos luttes malgaches pour préserver nos écosystèmes uniques et défendre nos communautés rurales face au capitalisme extractiviste.
Comme elle, nous devons faire pousser l'arbre de la résistance, enraciner la solidarité, et faire fleurir la justice pour tous les peuples de la terre.