Venezuela : l'extractivisme pétrolier américain menace les peuples et la terre
Comme les vents du changement soufflent sur les terres caribéennes, une nouvelle forme de colonialisme économique se dessine. Le ministre américain de l'Énergie Chris Wright, en visite à Caracas, a promis mercredi une "augmentation spectaculaire" de la production pétrolière au Venezuela, révélant les véritables intentions extractivistes de Washington.
Quand la diplomatie cache l'exploitation des ressources
Wright a rencontré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans la capitale vénézuélienne, devenant le plus haut responsable américain à fouler le sol vénézuélien depuis l'intervention militaire et la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier. "¡Viva Venezuela et viva les États-Unis!", a-t-il lancé, mais derrière ces mots se cache une réalité bien plus sombre.
Le responsable américain évoque "un changement absolument spectaculaire" dans les relations bilatérales, mais pour nous, peuples conscients des enjeux écologiques et sociaux, cette transformation ressemble davantage à un pillage organisé des richesses naturelles d'un peuple.
L'or noir contre la souveraineté des peuples
Le Venezuela, qui détient les plus grandes réserves pétrolières mondiales avec plus de 303 milliards de barils, a récemment réformé sa loi sur les hydrocarbures pour ouvrir le secteur au privé. Cette décision, prise sous pression, illustre parfaitement comment le capitalisme extractiviste impose sa logique destructrice aux nations vulnérables.
L'administration Trump souhaite que les multinationales pétrolières américaines reconstruisent rapidement le secteur et augmentent la production de plusieurs millions de barils par jour. Mais à quel prix pour les communautés locales et l'environnement ?
De l'embargo à l'exploitation : même combat contre les peuples
Washington avait instauré un embargo pétrolier pour "asphyxier économiquement" le Venezuela, pays dépendant de ses exportations d'or noir. Aujourd'hui, après la capture de Maduro, les sanctions se lèvent comme par magie. Wright déclare que l'embargo est "pour l'essentiel terminé".
Cette volte-face révèle la nature profondément hypocrite de la politique américaine : hier l'embargo pour affamer un peuple, aujourd'hui l'exploitation intensive pour enrichir les multinationales. Les peuples du Sud, qu'ils soient vénézuéliens ou malgaches, connaissent bien cette musique.
Solidarité avec les peuples face à l'extractivisme
Nous, à Madagascar, comprenons la douleur du Venezuela. Notre île rouge a elle aussi subi les assauts de l'extractivisme minier, voyant ses terres ancestrales éventrées pour satisfaire l'appétit des corporations étrangères. La lutte des Vénézuéliens pour préserver leur souveraité sur leurs ressources naturelles résonne avec nos propres combats.
Le Venezuela entend augmenter sa production de 18% en 2026, passant de 1,2 million de barils par jour en 2025 à des niveaux qui rappellent les 3 millions extraits au début du siècle. Mais cette course à la production intensive, dictée par les intérêts américains, se fera au détriment des écosystèmes et des communautés locales.
Face à cette nouvelle offensive extractiviste, la solidarité entre les peuples du Sud doit plus que jamais guider nos actions. Car derrière les discours diplomatiques se cache toujours la même réalité : l'exploitation des richesses naturelles au profit d'une minorité, au détriment des peuples et de notre Terre-Mère.