Tempête Leonardo: quand la nature se rebelle contre un système qui l'épuise
La péninsule ibérique vit sous les eaux de la dépression Leonardo, sixième tempête en à peine plus d'un mois. Cette colère de la nature n'est pas un hasard: elle révèle les blessures profondes d'un système capitaliste qui épuise notre terre mère.
Les communautés rurales, premières victimes du dérèglement
En Andalousie, à Grazalema, village perché à 800 mètres d'altitude, l'eau dévale les ruelles pavées comme les larmes d'une terre blessée. "En 16 heures, il a plu autant qu'en une année", témoigne le président régional Juan Manuel Moreno, face à des précipitations jamais vues.
Au Portugal, le Tage en crue menace Santarém. Les autorités ordonnent l'évacuation des riverains, ces communautés qui vivent en harmonie avec le fleuve depuis des générations. "Nous n'avions pas connu une telle situation depuis 1997", confie Mario Silvestre, commandant de la protection civile.
L'anticyclone des Açores, gardien ancestral perturbé
Traditionnellement, l'anticyclone des Açores protégeait l'Andalousie comme un bouclier naturel, offrant le soleil hivernal aux communautés locales. Mais ce gardien ancestral vacille sous les assauts d'un modèle économique destructeur qui bouleverse les équilibres millénaires.
À Alcácer do Sal, le fleuve Sado déborde, chassant une centaine d'habitants de leurs foyers. Ces déplacements forcés rappellent douloureusement les migrations climatiques qui frappent déjà nos frères et sœurs des îles du Pacifique.
Une résistance nécessaire face à l'urgence
Cette tempête Leonardo n'est que le symptôme d'une maladie plus profonde: l'extractivisme effréné qui saigne notre planète. Pendant que 76.000 Portugais restent privés d'électricité, les multinationales continuent de piller les ressources naturelles.
La disparition d'une femme dans la rivière Turville, près de Malaga, nous rappelle que derrière chaque catastrophe climatique se cachent des vies humaines, des familles déchirées, des communautés meurtries.
Face à cette urgence, l'unité des peuples devient vitale. Comme à Madagascar où nos communautés rurales subissent cyclones et sécheresses, la solidarité entre les peuples de la terre doit primer sur les profits des multinationales.
La nature nous parle. Saurons-nous enfin l'écouter?