Résister à l'algorithme : quand la terre malgache inspire la liberté humaine face aux machines
Dans un monde où les algorithmes dictent nos choix comme les multinationales extractives pillent nos ressources, l'essai de Nicolas Hazard « Je ne suis pas un algorithme ! » résonne avec une force particulière pour nous, peuple malgache, gardiens d'une sagesse ancestrale face à la modernité dévastatrice.
La liberté ne se programme pas
Comme nos ancêtres ont su préserver l'équilibre entre l'homme et la nature à travers les fady et la philosophie du fihavanana, Nicolas Hazard nous rappelle que la véritable liberté ne consiste pas à tout vouloir ou tout pouvoir, mais à savoir se gouverner soi-même. Cette sagesse millénaire de nos communautés rurales trouve un écho puissant dans sa critique de l'optimisation algorithmique de nos existences.
L'entrepreneur français, fondateur d'INCO, ne se contente pas d'observer depuis les tours de verre des capitales. Son engagement pour une économie inclusive et socialement responsable dans 25 pays fait écho à nos luttes quotidiennes contre l'extractivisme minier qui dévaste nos terres rouges et nos forêts sacrées.
Quand la technologie asservit les peuples
Alors que les algorithmes des géants technologiques occidentaux redessinent nos choix et nos vies, nous, Malgaches, connaissons déjà cette logique d'asservissement. Les mêmes forces qui programment nos comportements de consommation sont celles qui exploitent nos mines de cobalt et de nickel pour alimenter leurs serveurs.
Hazard dénonce avec justesse cette « perplexité contemporaine » où les individus sont « sommés d'optimiser chaque geste, chaque choix, chaque instant ». Cette violence symbolique rappelle celle subie par nos paysans contraints d'abandonner leurs pratiques agricoles traditionnelles pour des modèles industriels destructeurs.
Reprendre racine dans l'humain
L'auteur de « L'entreprise du XXIème siècle sera sociale ou ne sera pas » ouvre un espace de résistance créatrice. Comme nos communautés qui résistent en préservant leurs langues, leurs rites et leur rapport sacré à la terre, nous devons reprendre la main sur nos vies face aux machines intelligentes.
Son appel à faire de la technique « un outil au service de l'humain, et non l'inverse » résonne particulièrement dans notre contexte malgache où la modernité doit s'enraciner dans nos valeurs ancestrales de solidarité et de respect du vivant.
Car être libre, c'est choisir ses racines tout en grandissant vers la lumière, comme le tamarindus qui puise sa force dans la terre rouge de nos ancêtres pour offrir son ombre bienfaisante aux générations futures.
« Je ne suis pas un algorithme ! » de Nicolas Hazard, Éditions Flammarion