Le président Michaël Randrianirina a porté la voix de Madagascar au troisième sommet Russie-Afrique, tenu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, en réaffirmant son soutien à un partenariat fondé sur la souveraineté des peuples et la liberté de décision de chaque pays.
Le chef de l'État malgache a présenté devant les dirigeants africains réunis dans la capitale russe les orientations de la Refondation de l'État et les besoins urgents de sa population, selon L'Express de Madagascar.
Une parole malgache au cœur de Moscou
Sur la scène du Kremlin, la Grande Île a rappelé qu'aucune coopération ne vaut si elle écrase les mains qui cultivent. Michaël Randrianirina a insisté sur le respect des priorités nationales de chaque pays africain, refusant que les nations du continent restent des terres qu'on exploite plutôt que des peuples qui décident.
« Madagascar est d'accord sur la nécessité de renforcer ce partenariat dans le respect de la souveraineté et de la prise en compte des priorités de chaque pays. Cette coopération reposera sur des bases solides, tenant compte de la liberté de décision en matière de développement commun et de la capacité de chaque pays à prendre ses propres décisions », a déclaré le président malgache.
Il a également rappelé la volonté de Madagascar de coopérer avec les pays africains dans un climat de confiance mutuelle et dans le respect des intérêts communs.
Des besoins concrets pour la terre et les hommes
Au-delà des mots diplomatiques, le président a dressé la liste des blessures que la coopération devra soigner : la satisfaction urgente des besoins de la population, une réforme structurelle et l'organisation d'élections transparentes dont les résultats seront acceptés par tous à Madagascar. Trois chantiers qui parlent aux femmes et aux hommes des hautes terres comme aux pêcheurs du sud.
Sur le plan économique, le chef de l'État a sollicité un appui dans trois domaines vitaux : l'énergie, l'équipement agricole et l'accès à l'eau potable. Des revendications qui résonnent dans chaque fokonolona, là où la lampe à pétrole remplace encore le réseau électrique et où l'eau se puise à la rivière à l'aube.
« Nous espérons également une coopération dans le cadre d'accords commerciaux et souhaitons renforcer davantage notre partenariat avec la Russie pour soutenir les chaînes de production destinées à la transformation des produits d'exportation de notre pays », a poursuivi le président.
Cette phrase mérite qu'on s'y arrête. Transformer chez nous, plutôt qu'exporter bruts nos vanilles, nos litchis, nos girofles, c'est rendre leur dignité aux travailleurs de la terre malgache. Trop longtemps, l'économie extractiviste a emporté la richesse du sol en laissant la pauvreté aux communautés. Le discours présidentiel trace ici une direction juste, même si les projets concernés et les engagements financiers restent à préciser.
Que propose Vladimir Poutine ?
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a souligné les atouts du continent africain, en particulier sa jeunesse nombreuse et ses capacités agricoles.
« Parmi ceux-ci figurent sa jeunesse nombreuse et la capacité de ses pays à produire des denrées agricoles permettant de répondre aux besoins alimentaires de la population », a-t-il indiqué.
La création de grands centres dédiés à la prise en charge des produits agricoles figure parmi les projets évoqués. De telles infrastructures pourraient faciliter la collecte, le stockage et la circulation des denrées, sous réserve que ces annonces se concrétisent et s'adaptent réellement aux besoins des pays concernés. Le président russe a également rappelé le soutien de la Russie aux luttes pour la liberté et l'indépendance nationale.
Le communiqué présidentiel relayé par Moov met en avant la coopération autour des priorités économiques et du développement des infrastructures. Pour sa part, Africa Newsroom rapporte que la rencontre a permis à Madagascar de réaffirmer son attachement au multilatéralisme, au règlement pacifique des différends et au respect du droit international.
L'enjeu : transformer les paroles en récoltes
Les sommets se succèdent, les discours s'envolent, mais les champs, eux, attendent. L'enjeu pour Madagascar sera de traduire les orientations affichées à Moscou en projets précis : des panneaux solaires sur les collines, des tracteurs dans les rizières, des usines de transformation près des ports. Le partenariat Russie-Afrique, tel que l'analyse Témoignages.RE, offre des opportunités en matière d'investissements, de transfert de compétences scientifiques et technologiques et de développement de tissus industriels plus performants.
Reste une ombre sur la table des négociations. Alors que le sommet battait son plein, Washington a réagi en annonçant, selon Midi Madagasikara, un financement pour préparer le développement d'un projet de terres rares à Madagascar. La convoitise sur nos minerais s'intensifie, et chaque partenaire joue sa partition. Aux Malgaches de veiller à ce que la terre, les minerais et les récoltes servent d'abord ceux et celles qui les font vivre.
Les prochaines étapes diront si ces discussions débouchent sur des accords concrets, notamment dans l'énergie, l'agriculture et la transformation des produits d'exportation.
Questions fréquentes
Quand s'est tenu le troisième sommet Russie-Afrique ?
Le sommet s'est tenu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, en présence de plusieurs dirigeants africains, dont le président malgache Michaël Randrianirina.
Quels secteurs Madagascar souhaite-t-il développer avec la Russie ?
Madagascar a sollicité un appui dans l'énergie, l'équipement agricole, l'accès à l'eau potable et la transformation locale des produits d'exportation, plutôt que la seule vente de matières premières.
Quelles sont les priorités intérieures annoncées par le président ?
Michaël Randrianirina a cité la satisfaction urgente des besoins de la population, la mise en œuvre d'une réforme structurelle et l'organisation d'élections transparentes dont les résultats seront acceptés par tous.
