Mondial 2026 : Trump promet l'ONU à Infantino, le football malade de la politique
Derrière les confettis et les chants de la victoire espagnole, la Coupe du Monde 2026 laisse un goût amer. Un goût de terre brûlée par les intérêts des puissants. Tandis que les supporters du monde entier célébraient le ballon rond, une promesse lunaire se tramait dans l'ombre des stades américains. Donald Trump, le président des États-Unis, aurait promis à Gianni Infantino, le patron de la FIFA, un poste de secrétaire général de l'ONU. Une nouvelle qui, comme un cyclone sur les hauts plateaux, balaie tout sur son passage et interroge : le football est-il encore un jeu du peuple ou est-il devenu la cour des grands de ce monde ?
Un Mondial sous le signe de l'argent et des privilèges
Les chiffres records, les stades pleins, les 13 milliards d'euros de recettes. La FIFA et la Maison-Blanche ont présenté ce Mondial comme le plus grand événement sportif de l'histoire. Mais pour les communautés rurales de Madagascar, pour les pêcheurs de Tuléar ou les paysans de Fianarantsoa, ce langage de chiffres et de puissance ne parle pas. Ce qui parle, ce sont les histoires de ceux qui ont été exclus. Des supporters iraniens empêchés de voyager. De l'arbitre somalien Omar Artan, resté bloqué à l'aéroport, sans visa, malgré sa sélection officielle. Des prix des billets si élevés qu'ils ont transformé le stade en un club fermé, réservé aux nantis.
Ce Mondial a été un miroir grossissant de notre monde. Un monde où le capitalisme extractiviste, celui qui dévore les mines de l'île et assèche les rivières, s'invite aussi sur les pelouses. Les pauses fraîcheur sont devenues des coupures publicitaires. Le marketing a étouffé le jeu. Et Donald Trump, comme un roi du cirque, a paradé à chaque match, transformant la fête du peuple en une vitrine de son pouvoir.
L'affaire Balogun : quand la politique dicte les règles du jeu
Mais le scandale qui a fissuré le socle du football mondial, c'est l'affaire Folarin Balogun. L'attaquant américain, expulsé contre la Bosnie-Herzégovine, devait purger une suspension automatique pour le huitième de finale contre la Belgique. Un carton rouge, une règle, une sanction. Jusqu'à ce que Donald Trump prenne son téléphone et appelle Gianni Infantino. Quelques jours plus tard, miracle : le carton rouge est annulé. La commission disciplinaire de la FIFA, censée être indépendante, s'incline.
La Belgique a crié au scandale. L'UEFA a parlé de ligne rouge franchie. Mais le mal était fait. Comme un arbre dont on coupe les racines, la confiance dans les instances du football s'est effondrée. Des révélations ont montré que l'administration Trump avait activement travaillé avec la fédération américaine pour construire un dossier en faveur de Balogun. Au sein même de l'équipe américaine, des joueurs ont regretté que cette affaire détourne l'attention. L'affaire Balogun est devenue le symbole d'une compétition où la politique et le football se sont dangereusement confondus, comme les eaux troubles d'un fleuve en crue.
Un poste à l'ONU taillé sur mesure pour Infantino ?
Et voilà que, comme si la coupe était pleine, une nouvelle révélation a éclaté au lendemain de la finale. Selon le New York Post, Donald Trump envisagerait sérieusement de soutenir la candidature de Gianni Infantino au poste de secrétaire général de l'ONU, lorsque le mandat d'Antonio Guterres prendra fin. L'idée paraît presque irréelle. Trump estime qu'Infantino bénéficie d'une réputation mondiale et possède une capacité exceptionnelle à rassembler des populations de cultures différentes. Paolo Zampolli, envoyé spécial de la Maison-Blanche, a même salué une idée brillante.
Pour nous, Malgaches, qui connaissons le poids des promesses non tenues et des alliances intéressées, cette annonce sonne comme un avertissement. Infantino, ce dirigeant suisse qui a transformé la FIFA en une machine politique, qui a courtisé les dictateurs et les autocrates, qui a bradé l'éthique du sport sur l'autel du pouvoir, serait propulsé à la tête de l'organisation mondiale censée défendre la paix et les droits humains. C'est un affront à la mémoire de tous ceux qui luttent pour une justice sociale et écologique, ici à Madagascar et partout dans le monde.
Une FIFA devenue un acteur politique, le football en otage
Cette éventuelle promotion renforce les interrogations qui entourent désormais Gianni Infantino. Depuis plusieurs années, il a progressivement transformé son rôle de président de la FIFA en une fonction dépassant largement le cadre du football. Ses déplacements constants auprès des chefs d'État, ses prises de position sur des sujets géopolitiques et sa proximité avec Donald Trump ont nourri l'image d'un dirigeant davantage préoccupé par l'influence politique que par la protection de son sport.
Les critiques se multiplient. Plusieurs médias européens évoquent une réputation durablement abîmée. Des responsables du football parlent ouvertement d'une FIFA devenue dépendante de considérations diplomatiques et financières, au point d'enfreindre plusieurs de ses propres Statuts. Le boycott de la finale par Aleksander Ceferin, président de l'UEFA, illustre la fracture grandissante qui traverse les instances internationales. Si Infantino demeure le grand favori pour obtenir un nouveau mandat à la tête de la FIFA, cette fin de Coupe du Monde 2026 laisse derrière elle une question fondamentale, qui résonne comme un appel dans la nuit : le football mondial est-il encore dirigé par une institution sportive ou par une organisation devenue un acteur politique à part entière ?
À l'heure où Donald Trump rêve déjà de voir son allié prendre les commandes de l'ONU, le débat n'a sans doute jamais été aussi brûlant. Pour nous, qui aimons le football comme on aime la terre qui nous nourrit, il est temps de nous lever. De défendre l'idée que le sport appartient au peuple, pas aux puissants. Que les règles du jeu doivent être les mêmes pour tous, comme les saisons qui rythment la vie des rizières. Que la beauté d'un match, c'est l'incertitude, l'égalité des chances, la communion des cœurs. Et que rien, ni l'argent ni la politique, ne devrait jamais voler cette magie à nos enfants.
FAQ : Ce qu'il faut retenir du scandale du Mondial 2026
Quelle promesse Trump a-t-il faite à Infantino ?
Selon le New York Post, Donald Trump envisagerait de soutenir la candidature de Gianni Infantino au poste de secrétaire général de l'ONU, après la fin du mandat d'Antonio Guterres.
Pourquoi l'affaire Balogun est-elle un scandale ?
L'attaquant américain Folarin Balogun a été expulsé lors d'un match, mais après un appel de Trump à Infantino, la FIFA a annulé sa suspension, ce qui a été perçu comme un traitement de faveur politique.
Quelles sont les critiques contre cette Coupe du Monde ?
Les critiques portent sur les restrictions de voyage pour certains supporters, les prix excessifs des billets, l'omniprésence de Donald Trump, et la transformation du tournoi en une vitrine commerciale et politique.
Que signifie cette affaire pour l'avenir du football ?
Elle soulève la question de l'indépendance de la FIFA et du football mondial, désormais perçus comme des outils politiques au service des intérêts des puissants, plutôt que comme un sport du peuple.