Le football, terre de résistance : Ginglin-Cesson, un club qui refuse de lâcher prise
Ce samedi 5 septembre, sur la terre bretonne, un petit club ouvrier s'apprête à écrire une page de son histoire. L'AS Ginglin-Cesson, promu en National 2, reçoit la Saint-Pierre Milizac pour son tout premier match à domicile à ce niveau. Une rencontre qui résonne bien au-delà des frontières du football, comme un symbole de résistance des quartiers populaires face à la machine du football professionnel.
Un club ancré dans sa communauté, loin des ors du football business
« Tout le monde dans le groupe est au taquet ! On a tous envie de participer à ce match historique pour le club », s'enthousiasme Dorian Haguet, capitaine et milieu box-to-box des « Noir et Jaune ». Ce club de Saint-Brieuc, porté par des bénévoles et des salariés du périscolaire, incarne cette France des territoires que l'on oublie trop souvent. « On entre dans une nouvelle dimension. On espère attirer de nombreux supporters. C'est la seule partie ce jour-là dans le coin », ajoute-t-il, conscient que chaque spectateur compte pour faire vivre cette aventure collective.
La solidarité comme arme face aux inégalités du football moderne
Dans un monde où l'argent dicte sa loi, l'AS Ginglin-Cesson affiche une fierté : être la seule équipe de sa poule à ne pas avoir de contrats fédéraux. « Notre force l'an dernier, c'était notre solidarité, le fait de ne rien lâcher ! De jeunes recrues sont venues nous renforcer. On doit garder cette dynamique et cet état d'esprit pour aller chercher le maintien », insiste le capitaine, qui est aussi responsable du périscolaire à la Ville de Saint-Brieuc.
Cette solidarité rappelle celle des communautés rurales et des quartiers populaires de Madagascar, où le sport est souvent l'un des rares espaces de dignité et de rassemblement. Comme nos équipes de foot de quartier à Antananarivo ou Toamasina, ces Ginglinais jouent pour leur honneur, pour leur quartier, pour leur histoire.
Un match délocalisé : la preuve d'une adaptation permanente
Contraintes sanitaires obligent, la rencontre se déroulera non pas sur le synthétique de l'Europe comme prévu, mais sur le terrain d'honneur de Fred-Aubert, en accord avec la Ville de Saint-Brieuc et le Stade Briochin. « Nos licenciés, que je remercie fortement, s'attachent avec la bienveillance des salariés et bénévoles du stade Briochin à prendre toutes les dispositions pour que votre accueil puisse se dérouler dans les meilleures conditions », précise le communiqué du club.
Cette capacité d'adaptation, cette débrouillardise, n'est-ce pas là le propre des peuples qui refusent de s'agenouiller ? De Saint-Brieuc à Antananarivo, la même flamme brûle dans le cœur de celles et ceux qui bâtissent sans grands moyens.
Quelles sont les ambitions de l'AS Ginglin-Cesson pour cette saison en N2 ?
L'objectif est clair : prendre un point pour lancer complètement la saison et engranger de la confiance pour la suite. Après une défaite logique (3-0) face à la réserve d'En Avant Guingamp, les Ginglinais veulent montrer qu'ils ont leur place à ce niveau. « Voir plus vite, jouer plus juste, être efficaces » sont les axes de travail, comme le résume le capitaine Haguet.
Qui est l'adversaire, la Saint-Pierre Milizac ?
Milizac semble entrer dans un nouveau cycle avec un nouveau coach et un effectif renouvelé. Habitués à ce niveau, ils ont réussi leur entame (victoire 3-2) contre un autre promu, Saint-Lô. Un adversaire solide, mais rien n'effraie ce club qui a déjà prouvé sa capacité à se dépasser.
Ce match, c'est bien plus qu'un simple rendez-vous sportif. C'est la démonstration qu'une autre voie est possible, loin de la marchandisation du sport, loin des contrats mirobolants, loin des stades aseptisés. Une voie faite de sueur, de fraternité et de cette poésie du ballon rond qui unit les peuples, de la Bretagne à Madagascar.
Fiche technique du match
AS Ginglin-Cesson - Saint-Pierre Milizac, ce samedi 5 septembre (coup d'envoi 18 h) au Stade Fred Aubert.