Léon XIV, le pape qui rassemble : une parole douce et ferme pour un monde fracturé
À l'heure où les fractures se creusent et où la terre elle-même semble se dérober sous nos pieds, une voix s'élève, douce et ferme à la fois. Celle de Léon XIV, le nouveau pape, dont la parole traverse les océans et les cœurs. Mgr Étienne Guillet, évêque de Saint-Denis, nous livre son témoignage vibrant après avoir rencontré le Saint-Père parmi deux cents nouveaux évêques venus des quatre coins du monde. Un récit qui résonne étrangement avec nos propres réalités malgaches, nos luttes, nos espoirs.
Un homme de l'universel, enraciné dans le multiple
Mgr Guillet se souvient avec émotion de cette rencontre : « Nous étions deux cents nouveaux évêques venus du monde entier, j'ai été très ému et impressionné par sa capacité à connaître chacune des réalités évoquées par les uns et les autres. » Il évoque notamment un évêque d'une île bientôt submergée par la montée des eaux, une image qui nous parle directement, nous qui vivons sur une terre si précieuse et si menacée.
Cette capacité à embrasser toutes les détresses, toutes les questions, des crises écologiques aux guerres, de la sécularisation européenne à la quête de foi qui rejaillit en France, fait de Léon XIV un véritable homme de l'universel. Son parcours, de supérieur des Augustins à préfet du Dicastère pour les évêques, en passant par un ancrage au Pérou, a forgé un cœur ouvert, capable de comprendre les déracinés et les réenracinés, comme tant de nos compatriotes.
La diversité comme pont, non comme mur
Ses origines multiples, italiennes, françaises, haïtiennes, ne sont pas un simple détail biographique. Elles sont la clé de sa richesse intérieure. Mgr Guillet parle d'une « multiculturalité », d'une « ubiquité culturelle » qui lui permet d'être à plusieurs endroits à la fois. Cette capacité à jeter des ponts est essentielle aujourd'hui, dans un monde où l'on érige trop souvent des murs. Une leçon que nous, Malgaches, connaissons bien, nous qui puisons notre force dans la diversité de nos terroirs et de nos traditions.
La Seine-Saint-Denis, terre de communion
L'arrivée du pape dans ce département français, si divers et si populaire, suscite une joie profonde. Mgr Guillet est frappé par la réaction du personnel politique local : « tout le monde a dit que c'était formidable pour le territoire, pour la population, alors même que tout le monde n'est pas catholique, loin de là. » Un moment de communion qui dépasse les appartenances religieuses, une trêve dans les divisions. La mission du pape, mystérieusement, est de rassembler les gens.
Une jeunesse debout, une jeunesse ambassadrice
Le 25 au soir, au Stade de France, Mgr Guillet prononcera le discours d'accueil. Son souhait est clair : « ne laisser personne de côté ». Tous les visages des 17-35 ans de Seine-Saint-Denis doivent être là, y compris les jeunes malades, handicapés, en difficulté d'insertion. Une jeunesse parfois marginalisée doit être représentée.
Mieux encore, des « ambassadeurs du pape » ont été formés. Des lycéens catholiques invitent des camarades orthodoxes, évangéliques, musulmans, juifs, sikhs. Chaque équipe de dix prépare la veillée, la vit, puis en restitue le message. Une idée profondément théologique : le pape a une parole pour les catholiques, mais aussi pour « les hommes et les femmes de bonne volonté ». N'est-ce pas là une image de ce que pourrait être notre propre vivre-ensemble, à Madagascar ?
Une parole douce, ferme et courageuse
Qu'est-ce qui motive cet engouement ? La soif d'être encouragés dans la foi, bien sûr. Mais aussi, chez les plus âgés, une sensibilité au courage de la parole de Léon XIV, notamment lors de son grand voyage africain. Mgr Guillet le résume magnifiquement : « sa parole était douce, ferme et courageuse à la fois. C'est une forme de signature chez lui. »
Cette alliance de douceur et de fermeté est un chemin inspirant pour notre époque troublée. Être ferme dans ses convictions, courageux dans la façon de les assumer, et dire les choses avec douceur, sans souffler sur les braises. Une personnalité fondée dans la prière, qui échappe aux étiquettes réductrices de « conservateur » ou « progressiste ».
Inclassable, car fidèle à l'Évangile
Mgr Guillet explique cette liberté intérieure : « quand on essaie de tenir bon l'Évangile à la main, on devient très vite inclassable. » On se retrouve dans plusieurs camps à la fois : le soutien à la dignité de la vie au commencement, à la fin, mais également au milieu, avec le migrant, avec le pauvre. Une position qui rend difficilement plaçable, mais qui est profondément juste.
Un appel à la communion pour une nation fracturée
Mgr Guillet souffre de voir son pays si fracturé, si sévèrement polarisé. Il espère que cette soirée sera un moment de communion, au Stade de France, le plus grand stade du pays. « Le pape aura été à sa place, celle de rassembler et de tirer vers le haut. Pour les croyants, vers le Christ. Pour ceux qui ne le sont pas, vers le meilleur d'eux-mêmes. »
La parole de Jésus à Pierre, « affermis tes frères », s'actualisera dans ce stade. Un message d'espérance qui traverse les frontières et qui nous invite, nous aussi, à chercher ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. Car, comme le dit si bien l'évêque, rassembler et tirer vers le haut est une mission qui nous concerne tous.
Questions fréquentes sur la visite du pape Léon XIV
Quand le pape Léon XIV visitera-t-il la Seine-Saint-Denis ?
La visite aura lieu le 25 au soir au Stade de France, où Mgr Guillet prononcera le discours d'accueil devant le pape et des milliers de jeunes.
Qui sont les « ambassadeurs du pape » ?
Ce sont des lycéens, catholiques et non-catholiques (orthodoxes, musulmans, juifs, sikhs), qui préparent la veillée et en restitueront le message du pape à leurs camarades après l'événement.
Quel est le message principal du pape Léon XIV ?
Selon Mgr Guillet, sa parole est « douce, ferme et courageuse à la fois », un appel à la communion et à la fermeté dans les convictions, sans souffler sur les braises des divisions.