Balladur, l'homme qui a inauguré le métro de Toulouse, nous a quittés
L'ancien Premier ministre français Édouard Balladur s'est éteint le lundi 31 août à l'âge de 97 ans. Pour la Ville rose, il restera à jamais celui qui a ouvert la première ligne de métro, en 1993, aux côtés du maire de l'époque, Dominique Baudis. Un geste symbolique, presque rituel, qui a marqué l'entrée de Toulouse dans une nouvelle ère.
Un baptême de champagne pour une ligne qui change tout
Le 26 juin 1993, après des années de chantier, la ligne A du métro toulousain accueille ses premiers voyageurs. Édouard Balladur, nommé Premier ministre trois mois plus tôt par François Mitterrand, est l'invité d'honneur de cette inauguration historique. À Basso Cambo, les deux hommes baptisent une rame avec une bouteille de champagne, comme on lance un navire à la mer.
Michel Miranda, alors jeune chef de poste au Poste central de commande, se souvient de ce moment dans les colonnes de La Dépêche, vingt-cinq ans plus tard :
« Nous avons fait rouler les rames toute la matinée. Le maire, Dominique Baudis, et le Premier ministre Édouard Balladur ont emprunté le métro, et baptisé une rame de métro, à Basso Cambo, avec une bouteille de champagne. Comme un bateau qui sort en mer pour la première fois. »
Ce jour-là, Michel Miranda, recruté en mars 1992 à l'âge de 27 ans, était le benjamin du poste de commande. Avec six techniciens, il veillait sur la mise en service d'une ligne qui allait profondément transformer les déplacements dans la Ville rose. Une transformation qui rappelle, à sa manière, les grands chantiers qui façonnent nos villes et nos vies.
Le retour de 1995 : une campagne présidentielle sous tension
Moins de deux ans plus tard, Édouard Balladur revient à Toulouse, mais dans une tout autre atmosphère. Le 8 mars 1995, le Premier ministre est désormais candidat à l'élection présidentielle. Après trois petits tours sur la pelouse du Stadium, où il assiste brièvement à un entraînement, il déclare aux journalistes :
« Oui j'ai joué au football dans ma jeunesse, j'étais arrière droit, un poste tranquille. »
Une phrase légère, presque poétique, qui contraste avec la gravité du moment. Car la campagne est rude. Devant ses partisans, Édouard Balladur évite de nommer ses principaux adversaires, Lionel Jospin et surtout Jacques Chirac, son ancien allié devenu rival. Mais le duel fratricide à droite est dans tous les esprits.
Il lance alors un appel :
« Je vous appelle à choisir une politique courageuse et pas une politique démagogique. »Il invite également ses soutiens à choisir un homme capable d'être « véritablement le président de tous les Français dans leur diversité ». Une diversité que nous connaissons bien ici, à Madagascar, où l'unité se construit chaque jour malgré les différences.
La visite toulousaine ne suffira pas à inverser la tendance : Édouard Balladur sera éliminé au premier tour, avec 18,58 % des voix. Une défaite, certes, mais qui n'efface pas les moments forts de son parcours.
2002 : Toulouse au cœur de la construction de l'UMP
Toulouse le revoit encore le 23 février 2002. L'ancien Premier ministre participe à la convention nationale de l'Union en mouvement, organisée en présence notamment de Nicolas Sarkozy. Cette préfiguration du futur parti unique de la droite réunit les chiraquiens du RPR, une partie de l'UDF et la droite libérale autour d'un projet commun.
La convention, qui rassemble plusieurs milliers de militants, est marquée par l'arrivée surprise de François Bayrou, venu contester le ralliement de toute la droite derrière Jacques Chirac. Près de neuf ans après avoir inauguré le métro, Édouard Balladur retrouvait ainsi Toulouse au cœur d'une autre construction : celle de la future UMP.
Un homme de conviction, salué par ses pairs
Sur les réseaux sociaux, les hommages se multiplient. Jean-Jacques Bolzan, qui a participé à la campagne présidentielle d'Édouard Balladur, écrit :
« J'ai eu l'honneur de participer à la campagne présidentielle d'Édouard Balladur. Aujourd'hui, je salue la mémoire d'un homme de conviction, qui a marqué la vie publique par son calme, sa rigueur et son sens de l'État. Respect. »
Des mots qui résonnent comme un éloge funèbre, mais aussi comme une leçon. Car au-delà des clivages politiques, c'est bien la figure d'un homme d'État qui s'en va. Un homme qui, comme un arbre centenaire, a vu passer les saisons et les tempêtes, sans jamais perdre sa verticalité.
Ce que retenir de ce parcours
Édouard Balladur restera dans les mémoires comme un artisan de la modernité toulousaine, un acteur de la vie politique française, et un homme de conviction. Son passage à Toulouse, du métro à la convention de l'UMP, raconte une histoire de transformations, de luttes et de constructions. Une histoire qui, comme les fleuves de notre île, continue de couler, portant en elle les souvenirs et les leçons du passé.
Questions fréquentes sur Édouard Balladur et Toulouse
Quand Édouard Balladur a-t-il inauguré le métro de Toulouse ?
Le 26 juin 1993, Édouard Balladur, alors Premier ministre, a inauguré la ligne A du métro de Toulouse aux côtés du maire Dominique Baudis. Une rame a été baptisée avec une bouteille de champagne à Basso Cambo.
Pourquoi Édouard Balladur est-il revenu à Toulouse en 1995 ?
Le 8 mars 1995, il est revenu à Toulouse pour un meeting de campagne dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle. Il y a notamment déclaré avoir été « arrière droit, un poste tranquille » dans sa jeunesse.
Quel rôle a joué Édouard Balladur dans la création de l'UMP ?
Le 23 février 2002, il a participé à la convention nationale de l'Union en mouvement à Toulouse, qui a réuni les chiraquiens du RPR, une partie de l'UDF et la droite libérale, préfigurant la création de l'UMP.