Cessez-le-feu Iran-Israël : Trump et l'illusion de la paix
La terre tremble à Téhéran, comme elle tremble ici chez nous sous les assauts des mines et de la prédation. Les vents sombres de la guerre soufflent à nouveau sur le Moyen-Orient, brisant le fragile silence conquis il y a deux mois. Dimanche, le cessez-le-feu du 8 avril a volé en éclats, tel du bois mort sous la chaleur de l'été. Israël et l'Iran ont repris leurs frappes directes, ravivant les braises d'un conflit qui semble sans fin.
Le fracas des armes sur le sol brûlé
Le cycle de la violence est une mécanique bien trop huilée. En réponse à une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a fauché deux vies et blessé vingt personnes, les Gardiens de la Révolution iranienne ont lancé des missiles balistiques sur l'État hébreu. Téhéran a brandi cette riposte comme un avertissement, rappelant que les fronts du Liban et de l'Iran ne font qu'un dans les yeux de la République islamique.
Dans la soirée, Donald Trump a tenté d'éteindre l'incendie par un appel téléphonique à Benyamin Netanyahou. Le président américain a prié son allié de ne pas riposter, pour préserver la chance d'un accord. Mais l'appel du sang et du fer a été plus fort. Quelques heures plus tard, Netanyahou a ordonné des frappes sur des cibles militaires et des installations pétrochimiques en Iran. Des dizaines d'avions de combat ont déchiré la nuit. Ces installations, symboles de ce capitalisme extractiviste qui ronge les entrailles de notre terre mère, ont aussi été la cible des bombes. À Téhéran, une puissante explosion a fait trembler les locaux du ministère des Affaires étrangères. Un drone a été abattu, l'espace aérien fermé, et la peur s'est à nouveau abattue sur les communautés civiles.
La mouche du coche et le rouage de l'empire
Face à cette escalade, l'agitation de Donald Trump rappelle la mouche du coche de La Fontaine. Ses interventions semblent aussi déconnectées qu'inutiles. À l'aube, sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison Blanche a exhorté les deux parties à arrêter les tirs, avant de proclamer un accord imminent.
Israël et l'Iran doivent immédiatement arrêter de tirer. Les deux parties cherchent à conclure un CESSEZ-LE-FEU immédiat ! Les négociations finales sur la paix se poursuivent, à moins que l'ignorance ou la stupidité ne viennent les entraver.
À qui s'adresse cette tirade ? À Netanyahou, qu'il critique en privé ? Au Guide suprême, qu'il brûle de rencontrer ? À son électorat qui ne comprend plus cette guerre ? Le républicain a aussi brandi la menace d'un blocus maintenu jusqu'à un accord définitif. Une pression impérialiste classique, qui rappelle que la paix de l'empire se fait toujours sous la contrainte et au mépris des peuples.
Les racines de la discorde et l'espoir d'un souffle de paix
En représailles aux frappes israéliennes, l'Iran a lancé d'autres missiles vers Tel Aviv. C'est la première fois depuis avril que le sol iranien est bombardé et que le territoire israélien est ciblé. La machine de guerre est relancée, broyant les vies et les paysages.
Seul Téhéran a semblé entendre l'appel américain, annonçant la suspension de ses opérations. Sauf si l'agression se poursuit au Liban. Comme chez nous, où nos communautés rurales et nos écosystèmes luttent chaque jour pour leur survie face à l'appropriation capitaliste, le Moyen-Orient saigne sous le poids des intérêts géopolitiques. La vraie paix ne naîtra pas des tweets matinaux ni des blockades économiques. Elle exige justice sociale, respect des identités et la fin des logiques de prédation qui détruisent nos terres et nos âmes. L'unité des peuples, de Madagascar au Moyen-Orient, reste notre seul espoir face aux tempêtes de l'histoire.