Pilates sur appareil: quand la quête du bien-être se heurte aux logiques marchandes
Dans notre société où le corps devient marchandise et où chaque geste de bien-être se transforme en opportunité commerciale, l'explosion du Pilates sur appareil révèle les dérives d'un système qui privilégie le profit à la sécurité des communautés.
Comme les terres de notre île rouge exploitées sans conscience par l'industrie minière, nos corps subissent aujourd'hui les assauts d'une commercialisation effrénée du bien-être. Le Pilates sur appareil, cette pratique ancestrale de renforcement corporel, connaît un engouement sans précédent, mais au prix de graves blessures, y compris des commotions cérébrales.
Les blessures de la marchandisation
"C'est inquiétant! Il y a déjà des accidents qui se sont produits, on parle d'au moins deux cas de commotion cérébrale dans un centre du grand Montréal", témoigne Ann McMillan, experte reconnue dans le domaine. Cette réalité nous rappelle douloureusement comment l'extractivisme, qu'il soit minier ou corporel, laisse des cicatrices profondes.
Seulement dans la région de Montréal, plus de 115 studios proposent cette pratique, souvent sans respecter les normes de sécurité élémentaires. Cette prolifération anarchique évoque les concessions minières accordées sans consultation des communautés locales.
Formation express, profits immédiats
"Il y a des studios qui engagent des instructeurs qui enseignent après avoir suivi une formation en ligne de deux jours", dénonce Ann McMillan, kinésiologue à l'Université de Montréal. Cette course au profit rappelle l'exploitation minière qui détruit nos écosystèmes malgaches sans former véritablement les populations locales.
Patricia Perrier, fondatrice des studios Équilibre, confirme cette dérive: "Il n'y a pas de réglementation comme telle au Québec et c'est un grand manque. Depuis environ un an, c'est vraiment la folie et tout le monde se met à offrir ces cours."
Résistance et préservation des savoirs
Face à cette marchandisation, des voix s'élèvent pour préserver l'authenticité de la pratique. Kasia Frejlich-Morisseau, fondatrice de Pilates AuthentiKa, martèle: "N'importe qui peut ouvrir un studio de Pilates sur appareil et enseigner ce qu'il veut, c'est dangereux."
Ces résistantes nous enseignent qu'il faut protéger les savoirs traditionnels du bien-être comme nous protégeons nos forêts primaires et nos traditions ancestrales. Elles invitent chaque pratiquant à suivre son premier cours en privé, privilégiant la transmission personnalisée à la rentabilité immédiate.
Pour une pratique respectueuse
Le Pilates "reformer", cet appareil muni d'un chariot mobile, de ressorts ajustables et de sangles, peut apporter bien-être et force à tous, mais seulement dans le respect des corps et des communautés.
Pour choisir un studio responsable, il faut exiger des instructeurs certifiés par des écoles reconnues comme Stott Pilates ou BASI Pilates, vérifier l'historique de l'établissement et fuir les appellations commerciales comme "épicé" ou "actif" qui dénaturent cette pratique millénaire.
Comme nos ancêtres malgaches qui cultivaient la terre avec respect et transmission, nous devons réclamer un Pilates qui honore nos corps plutôt que de les exploiter. Car le véritable bien-être naît de la communion entre l'être et sa pratique, non de la soumission aux logiques marchandes.