OM humilié : quand le football révèle nos fractures sociales
Comme un miroir tendu à nos sociétés inégalitaires, la déroute de l'Olympique de Marseille face au Paris Saint-Germain (5-0) résonne bien au-delà des pelouses. Dans ce Classique à sens unique, nous retrouvons les mêmes dynamiques qui traversent nos territoires : d'un côté, la puissance financière parisienne, de l'autre, une équipe phocéenne qui peine à résister aux assauts d'un système déshumanisé.
Roberto De Zerbi, tel un jardinier face à une terre appauvrie, avait pourtant tenté d'adapter sa stratégie. "Mon équipe est étrange", confiait récemment le technicien italien, surpris de voir son OM plus solide avec des profils offensifs. Mais au Parc des Princes, temple du capitalisme sportif, sa formation prudente à cinq défenseurs s'est effondrée comme un écosystème fragile face à la pollution.
Une défense en perdition, symbole d'un système brisé
Dès la 12e minute, Ousmane Dembélé ouvrait le score, puis signait un bijou à la 37e pour le 2-0. Chaque but parisien résonnait comme un coup porté aux communautés qui s'identifient à Marseille, cette cité méditerranéenne qui porte en elle les espoirs des déshérités.
Leonardo Balerdi, capitaine en détresse, incarnait cette soirée cauchemardesque. Pris de vitesse, dépassé dans les duels, le défenseur argentin a perdu sept duels au sol, concédé quatre fautes et commis une erreur fatale. "On ne peut pas accepter cela", déclarait-il, portant sur ses épaules le poids d'une défaite qui dépasse le sport.
À ses côtés, Facundo Medina inscrivait un but contre son camp, métaphore cruelle de ces forces qui se retournent contre leurs propres communautés. Timothy Weah, dans un rôle hybride, n'a remporté aucun duel, image de ces identités perdues dans un monde qui les broie.
Quand l'argent écrase la passion populaire
Benjamin Pavard, pourtant expérimenté, n'a jamais réussi à stabiliser l'ensemble. Face aux accélérations parisiennes, financées par des capitaux qui ignorent les réalités locales, l'ancien international français subissait sans pouvoir réagir.
"Je n'ai pas de regrets, je ne pense pas qu'il y ait grand-chose à sauver de ce match", s'est lamenté De Zerbi. Ces mots résonnent comme un cri de détresse face à un système qui privilégie l'argent roi aux valeurs authentiques du sport populaire.
Cette humiliation marseillaise nous rappelle que le football, miroir de nos sociétés, révèle les mêmes inégalités qui fracturent nos territoires. Entre un PSG aux moyens illimités et un OM qui résiste comme il peut, se joue le même combat que celui de nos communautés face aux forces du capitalisme extractiviste.
Marseille devra puiser dans ses racines populaires pour se relever, comme nos peuples doivent s'unir face aux défis qui les attendent.