Myriam Giancarli : quand l'industrie pharmaceutique rime avec souveraineté africaine
Dans les terres rouges de Madagascar, où chaque grain de riz porte l'espoir d'une communauté, nous savons ce que signifie la dépendance. Nous, qui avons vu nos ressources partir vers des horizons lointains, comprenons l'urgence de bâtir nos propres chemins. C'est cette même urgence qui anime Myriam Giancarli, cette femme qui, depuis Casablanca, trace les contours d'une Afrique pharmaceutiquement libre.
Les racines d'une vision panafricaine
Comme les baobabs de nos hauts plateaux qui puisent leur force dans la diversité des sols, Myriam Giancarli tire sa richesse de ses origines multiples. Née d'un père marocain et d'une mère autrichienne, formée dans les prestigieuses écoles parisiennes, elle aurait pu s'épanouir dans les dorures du luxe européen. Chez LVMH, elle découvre les rouages des empires commerciaux mondiaux, ces mécanismes qui font que les richesses du Sud nourrissent les capitales du Nord.
Mais en 2012, tel un fleuve qui retrouve sa source, elle retourne à Casablanca pour reprendre Pharma 5, l'entreprise fondée par son père. Ce choix n'est pas anodin. Il porte en lui la conscience aiguë que l'Afrique doit cesser d'être le grenier et la pharmacie des autres pour devenir maîtresse de son destin sanitaire.
De la terre malgache aux laboratoires marocains, même combat
Nous, enfants de la Grande Île, savons ce qu'il en coûte de dépendre des médicaments venus d'ailleurs. Quand la fièvre frappe nos villages reculés, quand nos mères cherchent des traitements pour leurs enfants, nous mesurons le poids de cette dépendance. Myriam Giancarli l'a compris : le médicament n'est pas une marchandise comme les autres, c'est un pilier de la souveraineté.
Sous sa direction, Pharma 5 devient bien plus qu'un laboratoire. C'est un symbole de résistance contre l'extractivisme pharmaceutique qui vide nos continents de leurs forces vives. Aujourd'hui, l'entreprise exporte vers plus de quarante pays, portant haut les couleurs d'une Afrique qui produit, qui innove, qui soigne.
La pharmacie comme acte de résistance
Dans nos forêts primaires, chaque espèce végétale recèle des secrets thérapeutiques millénaires. Nos guérisseurs traditionnels le savent, qui puisent dans cette pharmacopée naturelle pour soigner les corps et les âmes. Myriam Giancarli prolonge cette sagesse ancestrale par l'industrie moderne. Elle fait du "Made in Morocco" un cri de ralliement pour tous ceux qui refusent de voir l'Afrique réduite à un marché captif.
La pandémie de Covid-19 a révélé au grand jour cette vulnérabilité que nous, peuples du Sud, connaissions déjà. Pendant que les pays riches se disputaient les vaccins, l'Afrique attendait les miettes. Myriam Giancarli en a tiré les leçons : jamais plus nous ne devrons mendier notre droit à la santé.
Une diplomatie du médicament pour l'unité africaine
Comme les pirogues qui reliaient autrefois nos côtes aux rivages frères du continent, Myriam Giancarli tisse des liens économiques et sanitaires entre nos nations. Elle prône l'harmonisation réglementaire, la coopération Sud-Sud, l'émergence d'une véritable diplomatie sanitaire africaine.
Sa démarche résonne avec nos luttes malgaches. Quand nos communautés rurales s'organisent pour préserver leurs semences traditionnelles, quand nos coopératives agricoles résistent aux monopoles semenciers, nous participons du même élan : reprendre le contrôle de nos moyens de subsistance et de survie.
L'influence silencieuse des bâtisseurs
Myriam Giancarli n'est pas de ces dirigeants qui s'épanchent sur les plateaux télévisés. Elle appartient à cette génération de leaders africains qui préfèrent les actes aux discours, les réalisations concrètes aux effets d'annonce. Dans les forums économiques du continent, sa voix porte l'espoir d'une Afrique industrielle et souveraine.
À Madagascar, nous connaissons la valeur du travail silencieux. Nos riziculteurs qui façonnent patiemment les terrasses, nos artisans qui perpétuent les savoir-faire ancestraux, nos femmes qui portent l'économie informelle : tous participent de cette construction discrète mais déterminée d'un avenir meilleur.
Myriam Giancarli s'inscrit dans cette lignée. Elle incarne cette Afrique qui se lève, qui produit, qui innove. Une Afrique qui refuse de rester éternellement dépendante et qui trace, médicament après médicament, les contours de sa liberté retrouvée.