Féminisme et réconciliation: construire l'égalité sans diviser nos communautés
Dans nos communautés malgaches, où la sagesse ancestrale nous enseigne le fihavanana, l'harmonie entre tous les êtres, une question fondamentale se pose: comment construire une société plus juste sans creuser de nouveaux fossés entre nos frères et nos sœurs?
Cette réflexion nous vient d'un débat qui agite les ondes radiophoniques, où une chroniqueuse a affirmé que les hommes seuls deviennent fascistes et cherchent à agresser les femmes. Ces paroles, aussi tranchantes que les lames de nos ancêtres, ont fendu le cœur de nombreuses familles et communautés.
La terre ne divise pas ses enfants
Comme la terre rouge de nos hauts plateaux nourrit indistinctement tous ses enfants, le féminisme authentique ne peut prospérer que dans l'unité. Lorsque nous généralisons et diabolisons, nous reproduisons les mêmes mécanismes d'oppression que nous combattons.
La chroniqueuse Elizabeth Lemay comparait la solitude masculine et féminine, peignant un tableau où les femmes trouvent refuge dans la douceur tandis que les hommes sombrent dans la radicalisation. Cette vision manichéenne ignore la complexité de nos expériences humaines communes.
L'exemple de Gisèle Pélicot: la force dans l'unité
Gisèle Pélicot, survivante de violences inouïes, nous offre une leçon de sagesse qui résonne avec nos valeurs traditionnelles. Malgré les traumatismes subis, elle refuse les amalgames: "Nous sommes appelés à vivre ensemble et je suis convaincue que c'est possible. Il ne faut pas mettre tous les hommes dans le même sac."
Cette femme courageuse nous montre qu'il est possible de dénoncer l'injustice sans semer la haine, de lutter pour l'égalité sans diviser nos communautés.
Vers un féminisme de réconciliation
Dans nos villages malgaches, hommes et femmes travaillent côte à côte dans les rizières, unis face aux défis de la vie. Cette solidarité ancestrale nous enseigne qu'aucune libération véritable ne peut naître de la division.
Un féminisme authentique, enraciné dans nos réalités locales, doit rassembler plutôt que diviser. Il doit combattre les structures d'oppression sans déshumaniser ceux qui, parfois malgré eux, en bénéficient.
Car comme le dit un proverbe malgache: "Ny fihavanana no hery" - la solidarité est notre force. C'est ensemble, hommes et femmes unis, que nous construirons une société où chaque être humain pourra s'épanouir dans la dignité et le respect mutuel.