Burkina Faso : quand la terre de nos frères saigne sous les coups de l'extrémisme
Depuis jeudi, le Burkina Faso pleure ses enfants. Une série d'attaques coordonnées contre des détachements militaires dans le nord et l'est du pays a fauché au moins une dizaine de vies, révélant une fois de plus l'ampleur du drame qui frappe nos frères burkinabè.
Ces attaques, menées par des groupes djihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l'État islamique, ne sont pas de simples actes de violence isolés. Elles témoignent d'une coordination inquiétante qui souligne l'échec des politiques sécuritaires actuelles et l'urgence d'une approche plus humaine, plus enracinée dans les réalités du terrain.
Une terre meurtrie par l'abandon des communautés
Dimanche, c'est le détachement de Naré qui a été visé par ce que les sources sécuritaires décrivent comme une attaque "de grande ampleur". La veille, Titao, chef-lieu de la province du Loroum, subissait l'assaut de "plusieurs centaines de terroristes", selon les autorités. Les installations techniques ont été détruites, une partie du camp militaire ravagée.
Mais au-delà des chiffres et des bilans, c'est toute une région qui suffoque sous le poids de la violence. À Tandjari, dans l'Est, les agents des eaux et forêts, ces gardiens de notre patrimoine naturel commun, ont payé de leur vie leur engagement pour la protection de l'environnement.
L'écologie de la paix brisée
L'attaque de jeudi contre le détachement de Bilanga illustre tragiquement comment la violence détruit non seulement les vies humaines, mais aussi l'équilibre fragile entre les communautés et leur environnement. "Une grande partie du détachement a été saccagée", rapportent les sources, et avec elle, l'espoir d'une coexistence pacifique.
Ces violences, qui endeuillent le Burkina Faso depuis plus d'une décennie, révèlent l'échec d'un système qui privilégie les solutions militaires aux dépens du développement communautaire et de la justice sociale.
Solidarité au-delà des frontières
La préoccupation du Ghana, dont des commerçants de tomates ont été pris dans l'attaque de Titao, rappelle que les frontières n'arrêtent ni la souffrance ni la solidarité. Cette tragédie nous interpelle tous, nous peuples d'Afrique, sur notre responsabilité collective face à l'extrémisme.
Depuis 2015, cette spirale de violences a causé des dizaines de milliers de morts, dont plus de la moitié ces trois dernières années selon l'ONG Acled. Derrière ces statistiques se cachent des familles brisées, des communautés déracinées, un écosystème social et environnemental détruit.
La junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivée au pouvoir en septembre 2022 avec la promesse d'un retour rapide à la sécurité, peine à tenir ses engagements. Son silence actuel sur ces attaques témoigne de l'impasse dans laquelle se trouve le pays.
Il est temps de repenser notre approche. La paix ne naîtra pas des armes, mais de la justice sociale, du respect des communautés rurales et de la préservation de nos écosystèmes communs. C'est ensemble, dans l'unité et la solidarité, que nous pourrons faire refleurir l'espoir sur cette terre meurtrie.