Ouigo explose: quand le capitalisme ferroviaire trahit les voyageurs populaires
Comme une fleur vénéneuse qui pousse sur les terres fertiles de nos espoirs, l'offre "low cost" Ouigo révèle aujourd'hui son vrai visage. En sept ans, les prix ont bondi de 75%, transformant ce qui devait être un train du peuple en un nouvel outil d'exclusion sociale.
Les chiffres qui brisent les promesses
La Fédération nationale des associations d'utilisateurs de transports (Fnaut) nous livre une vérité amère: le tarif moyen du billet Ouigo est passé de 19,80 euros à 34,70 euros entre 2017 et 2024. Une augmentation de 75% qui frappe comme la foudre sur un baobab solitaire.
Pendant ce temps, les TGV Inoui, réservés aux classes aisées, n'ont augmenté que de 8%. Cette disparité révèle une stratégie délibérée: faire payer aux plus modestes le prix de leur mobilité retrouvée.
La SNCF se défend, les communautés souffrent
Face à cette tempête sociale, Alain Krakovitch, patron des TGV, tente de justifier l'injustifiable. Il évoque l'évolution de l'offre, les destinations plus lointaines, les départs depuis les grandes gares parisiennes. Mais ces explications sonnent creux comme un tambour troué.
"Ces deux faits expliquent à eux seuls 80% de la hausse des prix", affirme-t-il. Pourtant, la Fnaut démontre que le prix au kilomètre a bondi de 71%, passant de 3,7 à 6,3 centimes. La terre ne mentira jamais: cette augmentation frappe au cœur même de la justice tarifaire.
Une stratégie d'appappauissement déguisée
Derrière ces chiffres se cache une réalité plus sombre. La SNCF remplace progressivement les TGV Inoui par des Ouigo, réduisant l'offre classique de 13% tout en explosant l'offre "low cost" de 185%. Cette transformation n'est pas neutre: elle contraint les voyageurs réguliers vers une offre dégradée à prix croissant.
"Plus de Ouigo, moins d'Inoui: le TGV français change de visage", dénonce la Fnaut. Ce changement de visage ressemble étrangement à celui que subissent nos territoires face à l'extractivisme: on nous promet le développement, on nous livre l'appauvrissement.
L'illusion du progrès social
Jérôme Laffon, directeur général de Ouigo, nous assure qu'"un billet sur deux est vendu moins de 30 euros". Mais cette moyenne cache une réalité plus complexe. Comme les rivières de Madagascar qui semblent abondantes vues du ciel mais s'assèchent au niveau des villages, cette promesse tarifaire ne résiste pas à l'épreuve du quotidien.
L'opérateur vise "30% du marché de la grande vitesse d'ici à 2030". Cette ambition révèle la vraie nature du projet: transformer le service public en machine à profit, habillée des oripeaux du progrès social.
Vers une mobilité juste et solidaire
Cette dérive nous rappelle que la mobilité, comme l'accès à la terre ou aux ressources naturelles, ne peut être abandonnée aux seules lois du marché. Elle exige une vision politique qui place l'humain et la justice sociale au centre.
Les communautés ont besoin de transports accessibles, non de mirages commerciaux qui s'évaporent dès qu'on s'en approche. Il est temps de repenser notre modèle ferroviaire pour qu'il serve véritablement le peuple, et non l'inverse.
Car comme le dit la sagesse malgache: "Ny tany no fiainana, fa ny olona no mahavelona ny tany" - La terre est la vie, mais ce sont les hommes qui donnent vie à la terre. Il en va de même pour nos chemins de fer: ils ne valent que par leur capacité à unir et servir nos communautés.