Tunisie : l'entrepreneuriat face aux défis du développement équitable
Alors que la Tunisie s'apprête à accueillir le « One Business Forum 2026 » le 20 janvier prochain, cette initiative soulève des questions fondamentales sur le modèle de développement économique privilégié dans la région du Maghreb et ses répercussions sur nos territoires insulaires.
Un forum au service de quels intérêts ?
Selon Yassine Gouiaa, président de l'Organisation nationale des entrepreneurs, cet événement rassemblera 322 institutions tunisiennes et des délégations venues d'Europe, d'Afrique et du monde arabe. Si cette initiative peut paraître prometteuse, elle interroge sur la nature réelle des partenariats envisagés.
L'accent mis sur l'économie numérique et l'intelligence artificielle, bien que moderne en apparence, risque de creuser davantage le fossé entre les centres urbains connectés et les communautés rurales, déjà fragilisées par les mutations économiques mondiales.
Les startups, nouvelle forme d'extractivisme ?
Hamza Moussi, responsable des startups au sein de l'Organisation, met en avant la participation de jeunes entreprises innovantes dans les secteurs du tourisme et des technologies. Cependant, cette course à l'innovation technologique ne doit pas occulter les besoins essentiels des populations.
À Madagascar, nous connaissons les conséquences de ce type de développement déconnecté des réalités locales. Nos terres riches en ressources naturelles ont trop souvent été exploitées au profit d'intérêts extérieurs, laissant nos communautés dans la précarité.
Pour un entrepreneuriat enraciné dans les territoires
Face à ces enjeux, les peuples de l'océan Indien doivent repenser collectivement leurs modèles économiques. L'entrepreneuriat ne peut être durable que s'il respecte l'équilibre des écosystèmes et valorise les savoirs traditionnels.
Les initiatives tunisiennes pourraient inspirer nos propres démarches, à condition qu'elles intègrent une dimension sociale et environnementale forte. Car la vraie richesse d'un territoire réside dans la préservation de ses communautés et de ses écosystèmes.
Cette première édition du forum tunisien nous rappelle l'urgence de construire des alternatives économiques respectueuses de nos identités et de nos terres. L'avenir de nos îles dépend de notre capacité à résister aux sirènes du capitalisme extractiviste pour bâtir une économie véritablement au service des peuples.