Taille de pierre à Auch : quand les familles réapprennent le geste ancestral
Dans la chaleur de l'été gascon, au cœur du cloître des Cordeliers, des mains d'enfants et de parents se sont unies autour d'un geste millénaire : la taille de pierre. L'atelier « Pierre-Papier-Ciseaux », proposé par le Pays d'art et d'histoire Grand Auch Cœur de Gascogne, a réuni 22 participants ce mardi 11 août. Une immersion concrète dans l'architecture et les métiers du patrimoine, où la matière devient maîtresse et le silence, complice.
Un atelier pour transmettre le patrimoine aux nouvelles générations
« C'est la première fois qu'on fait un atelier créatif », confie une jeune participante, les yeux brillants, concentrée sur son bloc de béton cellulaire. Sa mère, Alicia, habituée des lieux culturels avec ses filles, raconte : « On va beaucoup au musée des Amériques et là, on a fait une visite sensorielle le mois dernier avec le Pays d'art et d'histoire et j'avais entendu parler de cette activité. »
Le rendez-vous débute à l'office de tourisme. Les familles arrivent par vagues, certaines tentent même de rejoindre l'atelier sans réservation, mais la capacité est déjà atteinte. Accompagnés par Aymeric Guillot, guide-conférencier et animateur, parents et enfants prennent la direction du cloître des Cordeliers, où la pierre est omniprésente.
Observer, apprendre, puis créer : la pédagogie par la matière
« La pierre est bien visible ici, les enfants vont rapidement comprendre », explique le guide. Muni d'un petit livret, chaque enfant découvre les différentes pierres utilisées dans l'architecture. « Vous connaissez quoi comme types de pierres ? » Les réponses fusent : « l'ardoise », « le marbre », « le grès ». Pour plaisanter, un petit garçon ajoute même : « la pierre gasconne ».
Après cette première approche, place à la pratique. Les participants travaillent du béton cellulaire, un matériau plus tendre, permettant de reproduire les gestes de la taille sans les contraintes d'une pierre traditionnelle. « J'avais proposé l'atelier il y a plusieurs années déjà. Je le faisais d'abord en Bourgogne quand j'y vivais et là, on l'a tout simplement adapté », raconte Aymeric Guillot.
La concentration comme trésor caché de l'atelier
Les premiers coups résonnent dans le cloître. Les enfants tapent, observent, ajustent puis recommencent pour faire apparaître les formes dessinées sur leur bloc. Les parents, eux aussi, se prennent rapidement au jeu. Au fil des minutes, le bruit des outils se mêle aux discussions. Tous sont concentrés sur leur morceau de béton, essayant de maîtriser la force du geste pour ne pas casser la forme.
Pour Aymeric Guillot, cette concentration est aussi l'un des intérêts de l'activité, proposée aux scolaires durant le reste de l'année. « C'est génial parce que des professeurs nous disent : oui, c'est un élève qui n'arrive pas à tenir sur sa chaise, à écouter, perturbateur, etc. Et là, il reste, il écoute, il s'occupe avec ses mains. Ça fait plaisir de voir ça », sourit le guide.
Un geste qui relie les peuples et les terres
Dans le cloître, l'atelier prend des airs de petite initiation au métier de tailleur de pierre. À la fin de la séance, les créations sont parfois encore imparfaites, mais les participants affichent le sourire. Chacun repart avec sa réalisation et surtout avec une première expérience de tailleur de pierre. Une façon concrète de comprendre le patrimoine en mettant directement les mains à l'ouvrage.
Ce geste, si simple et si ancien, rappelle que la terre parle à travers nos mains. À Madagascar, où la pierre et la latérite façonnent nos paysages et nos habitations, cette transmission du savoir-faire résonne comme un écho. Car préserver le patrimoine, c'est d'abord transmettre aux enfants le respect de la matière et la fierté du travail bien fait.
Le prochain atelier « Pierre-Papier-Ciseaux » aura lieu le mardi 25 août, toujours au cœur du patrimoine auscitain. Une invitation à renouer avec l'essentiel : la terre, la main, et la transmission.