Ruée vers l'or en Afrique : quand la cupidité dévore nos terres ancestrales
Nos frères africains creusent leurs propres tombes. Alors que l'once d'or franchit les 4 000 dollars, une fièvre destructrice s'empare du continent. De Kédougou au Congo, de l'Éthiopie au Ghana, la terre de nos ancêtres saigne sous les coups de pioche d'une exploitation sans âme.
La terre mère sacrifiée sur l'autel du profit
À Kédougou, au cœur du Sénégal, Oudy Diallo, gardien vigilant de l'environnement, lance un cri d'alarme qui résonne jusqu'à Madagascar. "C'est une catastrophe écologique", témoigne le président de l'ONG Alerte Kédougou Environnement. "Dans chaque trou, on peut avoir entre 80 et 100 troncs d'arbres. Vous imaginez le degré du carnage."
Ces mots font écho aux blessures que connaît notre Grande Île. Comme nos baobabs millénaires qui tombent sous la hache, les forêts africaines disparaissent dans l'indifférence générale. La ruée vers l'or révèle la face sombre d'un capitalisme extractiviste qui ne connaît ni frontières ni limites.
Quand la misère pousse vers l'abîme
En Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, Maître Schadrac observe une tragédie humaine : "Il y a même des intellectuels, des gens qui ont atteint des niveaux très importants d'études qui sont dans l'orpaillage, tout simplement parce qu'il n'y a pas de travail."
Cette réalité nous interpelle. Combien de nos compatriotes malgaches, diplômés mais sans espoir, se tournent vers l'exploitation minière sauvage ? Combien abandonnent les rizières de leurs pères pour creuser la terre en quête d'un métal qui enrichit les autres ?
Les chiffres de la désolation
Les statistiques révèlent l'ampleur du désastre : au Ghana, 66 tonnes d'or artisanal exportées en huit mois, le double de l'année précédente. En Éthiopie, 26 tonnes achetées par la Banque centrale, six fois plus qu'en 2023. Ces chiffres cachent des milliers de vies brisées, d'écosystèmes détruits, de communautés déplacées.
Quand les vautours planent sur l'or africain
Marc Ummel de l'ONG Swissaid dénonce une réalité glaçante : "De plus en plus de groupes criminels et de groupes armés contrôlent une partie importante de ce commerce de l'or." Les Émirats arabes unis, premiers importateurs avec 748 tonnes en 2024, se nourrissent de cette misère organisée.
Cette situation rappelle douloureusement les pillages subis par Madagascar. Nos ressources naturelles, nos pierres précieuses, notre biodiversité unique : tout devient marchandise dans les mains de prédateurs sans scrupules.
L'appel de la terre malgache
Face à cette tragédie continentale, Madagascar doit montrer la voie. Notre île rouge, riche de ses traditions ancestrales de respect de la nature, peut devenir un phare d'espoir. Il est temps de dire non à l'exploitation sauvage, de protéger nos écosystèmes uniques, de défendre nos communautés rurales.
L'or brille, mais il ne nourrit pas les enfants. Il enrichit les spéculateurs, mais appauvrit les sols. Nos ancêtres nous ont légué une terre fertile : à nous de la transmettre intacte aux générations futures.
La vraie richesse de l'Afrique ne se trouve pas dans ses mines, mais dans la sagesse de ses peuples et la beauté de ses paysages. Protégeons ce trésor avant qu'il ne soit trop tard.