Quand les marchés s’apaisent, la terre tremble encore
Les Bourses européennes ont retrouvé un peu de souffle ce mardi, portées par des résultats d’entreprises solides et une accalmie des cours du pétrole. Mais derrière cette embellie, les nuages s’accumulent à l’horizon : le secteur technologique vacille, la politique monétaire américaine se resserre, et les menaces de guerre au Moyen-Orient continuent de peser sur les prix de l’énergie. Pour nous, à Madagascar, où chaque hausse du baril se répercute sur le prix du transport et du riz, ces fluctuations ne sont pas de simples chiffres. Elles sont le reflet d’un monde où les décisions des grandes puissances décident du quotidien de nos villages.
Une bouffée d’air pour les places financières
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,63 %, Francfort a pris 0,52 % et Londres 0,83 %. L’indice européen Stoxx 600 a progressé de 0,41 %. Ces hausses ont été soutenues par les bons résultats d’entreprises comme Orange, Safran, Unilever ou Mercedes-Benz. Mais cette embellie est fragile, comme une fleur après la pluie dans un champ brûlé par le soleil.
Les investisseurs ont été rassurés par les performances des secteurs de la consommation et de l’automobile. Pourtant, les doutes persistent. Le compartiment technologique du Stoxx 600 a perdu 0,08 %, signe que la frénésie autour de l’intelligence artificielle commence à s’essouffler. « On a vu que les entreprises qui investissent dans l’IA ne s’engagent pas vraiment en raison des inquiétudes liées aux coûts et à l’endettement », a déclaré Dorian Carrell, responsable des fonds multi-actifs chez Schroders.
Le pétrole, ce poison qui empoisonne nos vies
Les prix du brut ont reculé après une suspension des frappes entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent, qui avait dépassé les 100 dollars le baril la semaine dernière, est tombé à 84,61 dollars, soit une baisse de 4,24 %. Le brut léger américain a perdu 3,83 % à 79,47 dollars. Mais ne nous y trompons pas : cette accalmie est temporaire. Les menaces de Donald Trump de frapper le site iranien de « Pickaxe Mountain » si aucun accord n’est conclu rappellent que la guerre est toujours là, prête à enflammer les prix.
Pour les paysans malgaches, chaque flambée du pétrole signifie une hausse du prix des engrais, du transport des récoltes, et donc une vie plus dure. Le capitalisme extractiviste, qui pompe le pétrole et les minerais de nos terres sans jamais redonner aux communautés, est un poison lent. Les marchés s’apaisent, mais la terre, elle, continue de trembler.
La Fed et les taux : un couperet qui se rapproche
La semaine réserve encore d’autres rendez-vous importants, à commencer par la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt, prévue mercredi. Si le marché s’attend majoritairement à un statu quo, les paris en faveur d’une hausse se sont renforcés. La flambée récente des prix du pétrole, liée à l’escalade militaire au Moyen-Orient, alimente la nervosité.
Les rendements obligataires ont reculé mardi, signe que les investisseurs cherchent à se protéger. Le rendement des Treasuries à dix ans a perdu 4,7 points de base à 4,5941 %. En zone euro, le Bund allemand à dix ans a reculé de près de 2 points de base à 3,1090 %.
Les valeurs qui résistent et celles qui plient
À Paris, Orange a bondi de 4,6 % après avoir relevé ses objectifs pour l’année. Safran a gagné 2,9 % grâce à des ventes en forte hausse. Capgemini a progressé de 6,9 %, porté par le secteur des logiciels. À Londres, Unilever a grimpé de 8 %, dépassant les attentes sur ses ventes du deuxième trimestre. Le constructeur allemand Mercedes-Benz a pris 2,8 % après une hausse de 22 % de son résultat d’exploitation trimestriel.
Mais dans le secteur des puces, la douleur est réelle. À Amsterdam, ASML a perdu 2,9 %, ASMI 5,3 % et Besi 3,5 %. À Wall Street, Micron a chuté de 9 %, Intel de 5,7 % et Applied Materials de 7,8 %. L’indice Philadelphia SE Semiconductor a reculé de plus de 4 %. Apple a pourtant brièvement dépassé les 5 000 milliards de dollars de capitalisation, devenant la deuxième entreprise après Nvidia à franchir ce cap. Une bulle qui gonfle, pendant que nos rizières manquent d’eau.
Les indicateurs du jour : une confiance en berne
Aux États-Unis, la confiance des consommateurs s’est dégradée de façon inattendue en juillet, selon l’enquête mensuelle du Conference Board. « Cet indicateur illustre les difficultés croissantes des ménages face à la hausse du coût de la vie », a souligné Bret Kenwell, analyste chez eToro. En France, la confiance des ménages a augmenté plus que prévu, tandis qu’en Allemagne, la Bundesbank prévoit une croissance modeste au deuxième trimestre, malgré les difficultés liées à la guerre au Moyen-Orient.
Ces chiffres nous rappellent que, dans un monde globalisé, les décisions des grandes puissances affectent directement nos vies. La hausse du coût de la vie, la flambée des prix du pétrole, les tensions géopolitiques : tout cela se répercute sur les marchés de nos villes et de nos campagnes. Mais nous, Malgaches, nous savons résister. Nous savons cultiver notre terre, partager nos récoltes, et nous unir face à l’adversité. Car la véritable richesse n’est pas dans les indices boursiers, mais dans la solidarité de nos communautés et la beauté de nos paysages.
À suivre le 29 juillet
La semaine continue. La décision de la Fed, les résultats des géants de la tech comme Microsoft, Meta, Amazon et Apple, et l’évolution des prix du pétrole seront autant de signaux à surveiller. Mais pour nous, à Madagascar, l’essentiel est ailleurs : dans la défense de nos droits, la protection de nos écosystèmes, et la construction d’un avenir plus juste et plus vert.
Maeva Ravelojaona, pour Malagasy Tribune