Permacœur : Quand la terre renaît sous les mains de quatre amis
Dans la vallée du ruisseau des Gascons, à un kilomètre du bourg de Saint-Urcisse, une ferme maraîchère défie le temps et les modes de production industriels. Permacœur, c'est le nom de ce lieu où le vivant règne en maître. Stéphane et Stéphanie Sicard, Valentin et Florence Banyuls, deux couples d'amis, y cultivent des légumes sans aucun produit chimique, en suivant les principes de la permaculture. Un rêve professionnel et de vie, né d'une quête de sens et d'une profonde connexion avec la nature.
« Ici, c'est un coin de paradis », confie Stéphane Sicard, ancien courtier en assurances. Après quatre ans aux Antilles, lui et Stéphanie ont découvert la permaculture et sont revenus en métropole changés, désireux d'avancer avec la nature pour « donner un nouveau sens à nos vies ». Valentin Banyuls, ancien cadre de santé, ajoute : « Pendant des années, j'ai pensé la santé à travers des principes curatifs. Or, être en bonne santé, c'est d'abord bien se nourrir. Je vois aujourd'hui la santé de manière préventive, grâce à ce que nous produisons. »
Un espace où le vivant règne
La permaculture, expliquent-ils, c'est un espace où le vivant règne. « Il y a une association entre les plantes, le sol, des apports de matières uniquement organiques, et surtout, aucun produit chimique. Le principe de la forêt est reproduit pour cultiver des fruits et légumes. » Sur leur terre, ils font renaître des variétés anciennes, comme plus de 35 types de tomates, dont certaines rares et disparues des étals. « Riche en éléments nutritifs, aux qualités introuvables avec les tomates actuelles », précise Stéphane.
Pour y parvenir, ils sont partis de graines patiemment trouvées, puis ont produit leurs propres semences pour être en autonomie totale. « Cela nous assure de la qualité de nos produits », insiste Valentin. Le chant des oiseaux et le murmure du ruisseau des Gascons accompagnent leur travail quotidien. « Oui, c'est un métier difficile, mais nous sommes heureux de travailler cette terre. Tout est fait avec le cœur. »
Des défis pour l'avenir
Les deux couples ne comptent ni les heures ni l'énergie. Leur projet les porte vers de nouveaux défis, comme la construction de logements insolites et de serres walipini, inspirées de techniques boliviennes et péruviennes, pour cultiver des légumes toute l'année. Une leçon de résilience et d'espoir pour Madagascar, où la terre, elle aussi, peut renaître sous des mains respectueuses.
Photo : SudOuest.fr