Léon XIV à Paris : une journée de foi, de foule et de paroles fortes
Le pape Léon XIV a bouclé ce vendredi une première journée marathon en France, entre bain de foule solaire, vêpres solennelles à Notre-Dame et veillée avec 80.000 jeunes au Stade de France. Une visite qui n'élude pas les sujets qui fâchent, de la laïcité à la fin de vie.
Une ferveur populaire immense dans les rues de Paris
Sous un soleil généreux, la papamobile a remonté les 2,5 kilomètres qui mènent à la cathédrale Notre-Dame, saluée par une foule estimée à 300.000 personnes par le Vatican. Les drapeaux jaune et blanc flottaient sur les barrières, les téléphones se levaient comme une vague. « Regarde c'est le pape, c'est dingue ! », entendait-on dans la foule. Léa Revel, 25 ans, infirmière, témoigne : « On l'a très bien vu même s'il est passé très vite. »
Des communautés venues d'ailleurs ont aussi trouvé leur place. La communauté péruvienne, drapeaux déployés près du jardin du Luxembourg, a chanté pour celui qui fut évêque à Chiclayo. Aida Huamán, 56 ans, venue de Lima pour l'occasion, rayonne : « Il a lu ma pancarte. Je me sens super bien, super heureuse ! » Terry Spytek, 83 ans, a traversé l'Atlantique depuis les États-Unis : « Et je l'ai vu pendant trois secondes ! », rit-elle encore émue.
Notre-Dame retrouvée, un symbole pour le pape
Léon XIV est devenu le premier pape à pénétrer dans la cathédrale depuis sa réouverture en décembre 2024, après l'incendie qui l'avait ravagée en 2019. Son prédécesseur François avait décliné l'invitation. Pour le père Jocelyn Petitfils, curé à Bondy : « C'est très émouvant, après les vicissitudes qu'a connues la cathédrale. »
Des paroles offensives sur la science, la vie et la laïcité
La matinée officielle a été marquée par des prises de position sans détour. À l'Élysée, devant le couple Macron, le pape a dénoncé les « manipulations génétiques », la « gestation pour autrui », l'« achat d'organes » et « l'offre d'une mort programmée », qu'il présente comme des « dérives » risquant « de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives ». Une charge directe contre la loi française sur l'« aide à mourir », adoptée il y a deux mois.
Sur la laïcité, il a affirmé : « La juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l'espace public. » À l'Unesco, il a exhorté la communauté internationale à protéger « les enfants et les jeunes » face à l'intelligence artificielle, dont l'essor « doit soutenir leur développement, leur éducation » et préserver « leur liberté de penser et de discerner ».
Une veillée pour clore la journée, une messe géante en perspective
La journée s'achève au Stade de France avec 80.000 jeunes, entre pop-louange, échanges et exposition de la « sainte tunique du Christ ». Coralie Cece, infirmière de 33 ans, a posé sa journée pour y être : « C'est très important pour moi de participer à cette veillée, j'attends surtout de l'entendre de vive voix. »
Samedi, la grande messe sur les Champs-Élysées attend 600.000 fidèles. Cette visite mobilise un dispositif hors normes : 17.000 bénévoles, 15.000 policiers et gendarmes, 2.500 journalistes accrédités, pour un budget de 27 millions d'euros. Le pape, qui rappelle ses « origines familiales normandes et béarnaises », poursuivra son chemin vers Lourdes samedi soir, puis Metz lundi.
Questions fréquentes sur la visite du pape Léon XIV en France
Combien de personnes ont assisté à la déambulation du pape à Paris ?
Le Vatican estime à 300.000 le nombre de personnes présentes le long du parcours de 2,5 kilomètres entre les rues de Paris et la cathédrale Notre-Dame.
Quels sujets sensibles le pape a-t-il abordés lors de son discours à l'Élysée ?
Léon XIV a évoqué la laïcité, les dangers de l'intelligence artificielle, la fin de vie, les manipulations génétiques et la gestation pour autrui, qu'il a qualifiées de « dérives » potentielles.
Où le pape se rend-il après Paris ?
Après la veillée au Stade de France, le pape doit célébrer une grande messe sur les Champs-Élysées samedi, puis se rendre à Lourdes et à Metz.