Pèlerinage de Benoît XVI en France : une mémoire qui éclaire le chemin de Léon XIV
Il y a dix-huit ans, le 12 septembre 2008, le pape Benoît XVI posait ses pas sur la terre de France, ouvrant un pèlerinage de quatre jours placé sous le signe de saint Augustin. Ce voyage, tissé de culture, de foi et de rencontres, résonne aujourd'hui avec une force particulière alors que le pape Léon XIV s'apprête à fouler le même sol le 25 septembre prochain. Entre la Ville Lumière et le sanctuaire de Lourdes, se dessine un fil spirituel qui unit deux pontificats, comme une rivière souterraine qui nourrit la terre des croyants.
Un pape francophile aux racines profondes
Dès son arrivée à Paris, les médias saluaient en Benoît XVI « le pape francophile ». Sa passion pour la culture française, découverte dans les textes originaux grâce à sa maîtrise de la langue, était connue de tous. La France lui avait d'ailleurs rendu hommage, l'accueillant en 1992 au sein de l'Académie des sciences morales et politiques, puis en 1998 en lui remettant le titre de Commandeur de la Légion d'honneur.
Lors de cette cérémonie, le cardinal Joseph Ratzinger avait ému l'assistance en se déclarant, depuis sa jeunesse, « un fervent admirateur de la douce France ». Il voyait dans les écrivains français un antidote à l'atmosphère pesante de l'après-guerre dans son Allemagne natale. En 1999, invité à la Sorbonne parmi dix-huit intellectuels éminents, il avait osé un discours courageux sur la crise du christianisme en Europe. Et en 2004, c'est lui qui présida les célébrations du 60e anniversaire du débarquement allié en Normandie, où servait Louis Marius, père de l'actuel préfet du dicastère pour les évêques, Robert Francis Prevost.
Les relations du théologien avec la France n'ont pas toujours été un long fleuve tranquille. En 1983, il critiqua le catéchisme en langue française, regrettant qu'il ne présente pas la foi comme un « ensemble organique ». Mais en 2008, la conviction demeurait : un pape arrivait, qui connaissait ce pays mieux que bien des dirigeants mondiaux.
Saint Augustin, un fil conducteur entre deux pontificats
Le jeune prêtre Joseph Ratzinger avait, dès 1954, marché sur les traces de saint Augustin lors de son premier voyage en France. Ce père de l'Église, à qui il consacra sa thèse de doctorat, demeurait pour lui une source inépuisable de réflexions. Aujourd'hui, alors que Léon XIV se prépare à visiter la France, ce lien augustinien prend un relief nouveau, comme une lumière qui éclaire le chemin du pèlerin.
Paris, entre la ville lumière et la cité sainte
Dans la capitale française, Benoît XVI présida les vêpres en la cathédrale Notre-Dame. S'appuyant sur le Psaume 121 et les interprétations des saints Hilaire et Augustin, il évoqua l'aspiration de l'homme vers la cité sainte, le Royaume des Cieux. « Notre marche vers la cité sainte ne serait pas possible, si elle ne se faisait en Église, germe et préfiguration de la Jérusalem d'en haut », déclara-t-il, prolongeant sa conférence de la Sorbonne.
Ce voyage fut marqué par des paroles fortes : invitation à repenser la laïcité à l'Élysée, appel à chercher Dieu comme fondement de toute culture devant 700 représentants du monde des arts et des sciences, mise en garde contre les idoles contemporaines lors d'une messe rassemblant plus de 250 000 personnes. Aux jeunes, sur le parvis de la cathédrale, il adressa des mots de confiance, en mémoire de Jean-Paul II.
Lourdes, le cœur battant du pèlerinage
C'est à Lourdes que Benoît XVI vécut l'essentiel de son voyage, en pèlerin, tout comme le fera Léon XIV. Il parcourut le Chemin jubilaire, institué pour le 150e anniversaire des apparitions. Là où Marie apporta un réconfort maternel à une société tourmentée du XIXe siècle, le pape parla d'espérance dans la souffrance, avec le Christ qui veut soulager l'homme.
Beaucoup se souvenaient de Jean-Paul II priant devant la grotte de Massabielle en 2004, quelques mois avant sa mort. Le discours de Benoît XVI aux évêques français, véritable « feuille de route » selon le cardinal Aveline, mérite encore une lecture attentive. Les jeunes qui accompagneront aujourd'hui Léon XIV n'étaient pas nés en 2008, mais leur intérêt pour ce pèlerinage est exceptionnel, comme une semence qui germe dans une terre préparée par l'histoire.
Questions fréquentes sur le pèlerinage de Benoît XVI en France
Quand Benoît XVI s'est-il rendu en France ?
Le pape Benoît XVI a effectué un voyage apostolique en France du 12 au 15 septembre 2008, visitant Paris puis Lourdes.
Pourquoi saint Augustin est-il important pour ce pèlerinage ?
Saint Augustin, père de l'Église et docteur de la grâce, a été le sujet de la thèse de doctorat de Joseph Ratzinger. Son œuvre, notamment La Cité de Dieu, a inspiré les réflexions de Benoît XVI et continue d'influencer le pape actuel, Léon XIV.
Quel lien unit Benoît XVI et Léon XIV ?
Les deux papes partagent une prédilection pour saint Augustin et se rendent en France en pèlerins, avec une étape à Lourdes. Le voyage de Léon XIV, prévu le 25 septembre, s'inscrit dans la continuité spirituelle de celui de 2008.