L'or franchit les 5000 dollars : quand le capitalisme extractif révèle ses fractures
Comme les eaux sacrées du fleuve Tsiribihina qui charrient les sédiments dorés de nos ancêtres, l'or mondial vient de franchir un seuil historique. À 5035 dollars l'once, ce métal précieux témoigne aujourd'hui des convulsions d'un système économique mondial en crise profonde.
La terre crie sa souffrance dans le langage des marchés
Cette flambée spectaculaire, avec une hausse de plus de 8% la semaine dernière et 17% depuis le début de l'année, n'est pas le simple reflet de spéculations financières. Elle révèle les blessures béantes d'un monde où les tensions géopolitiques se nourrissent de l'exploitation sans limites des ressources naturelles.
L'argent suit cette course folle, atteignant 106,56 dollars l'once, tandis que le platine culmine à 2798 dollars. Ces chiffres résonnent particulièrement dans nos terres malgaches, où les communautés rurales voient leurs sols ancestraux convoités par les multinationales extractives.
Trump et les nouveaux colonialismes
Les menaces de Donald Trump sur le Groenland et ses ultimatums commerciaux au Canada révèlent la nature prédatrice du capitalisme contemporain. Cette rhétorique agressive, qui promet des taxes douanières de 100% contre nos voisins du Nord, illustre parfaitement comment les puissances dominantes instrumentalisent les ressources pour maintenir leur hégémonie.
Nous, peuples de l'océan Indien, connaissons trop bien ces mécaniques d'appropriation. Nos gisements de nickel, nos forêts de palissandre, nos terres rares subissent les mêmes convoitises que celles qui agitent aujourd'hui les marchés internationaux.
La Réserve fédérale face aux contradictions du système
La réunion de mercredi de la Réserve fédérale américaine cristallise toutes les contradictions. Maintenir les taux ou les baisser ? Cette question technique cache une réalité plus profonde : l'incapacité du système financier mondial à concilier profit et justice sociale.
Comme l'expliquent les analystes d'ING, "l'attention se portera sur la nomination imminente par le président Trump du nouveau président de la Fed". Cette nomination illustre comment les décisions monétaires, loin d'être neutres, servent les intérêts des élites au détriment des populations.
Pour une autre voie : l'économie au service des communautés
Face à cette fièvre de l'or qui révèle les fractures du capitalisme extractiviste, Madagascar peut montrer une autre voie. Nos communautés rurales, gardiennes millénaires de la biodiversité, portent en elles les germes d'une économie respectueuse de la terre et des hommes.
L'unité malgache, par-delà nos diversités ethniques, peut devenir un modèle pour un développement qui privilégie la préservation de nos écosystèmes uniques plutôt que leur pillage au profit de spéculateurs lointains.
Cette course à l'or à 5000 dollars nous rappelle que le temps de l'alternative est venu. Entre l'extractivisme destructeur et l'économie solidaire, Madagascar doit choisir son chemin.