Coupe du monde 2026 : le climat paie le prix fort des déplacements des supporters
Alors que la planète football vibre au rythme de la Coupe du monde 2026, une ombre plane sur les stades d'Amérique du Nord. Des chercheurs de l'université de Cambridge tirent la sonnette d'alarme : les voyages des millions de supporters, qui traversent océans et continents, laissent une empreinte carbone aussi lourde que celle de certains pays. Derrière les chants et les drapeaux, c'est la terre qui souffre.
Les supporters, premiers responsables des émissions
L'étude révèle que les déplacements des spectateurs représentent 82 % de l'empreinte carbone projetée du tournoi. En moins de deux mois, la compétition élargie à 48 équipes devrait générer environ 4,23 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions annuelles de l'Islande. Sur ce total, trois millions de tonnes proviennent uniquement des supporters prenant l'avion pour assister aux matches. Les organisateurs, concentrés sur la réduction des émissions opérationnelles dans les stades, ont peut-être visé à côté de la cible.
Quand les concerts montrent la voie
L'exemple de la tournée européenne 2024 de Coldplay offre une lueur d'espoir. Le groupe a encouragé ses fans à choisir des transports durables via une application, offrant des réductions sur les produits dérivés. Résultat : une baisse de 48 % des émissions liées aux déplacements du public, et une réduction globale de 46 % des émissions de la tournée. Une preuve que le changement de comportement des foules peut peser plus lourd que toutes les compensations carbone.
Les compensations carbone, une solution insuffisante
Coldplay, comme Taylor Swift ou Leonardo DiCaprio, mise sur les crédits carbone pour éponger les émissions inévitables. Mais les chercheurs de Cambridge sont catégoriques : ces mesures ne suffisent pas. Les gains les plus importants pour le climat viendront d'une transformation des modes de déplacement du public, et non d'un simple achat de compensations. La terre, elle, ne connaît pas de crédit.
Les organisateurs doivent agir pour un football durable
Les chercheurs appellent les organisateurs de grands événements à assumer leurs responsabilités. Ils proposent des réductions sur les billets de train, des incitations au covoiturage, et le choix de lieux limitant les vols long-courriers. Une petite redevance sur les retransmissions pourrait aussi financer des réductions d'émissions, sans peser uniquement sur les spectateurs présents. Comme le souligne Shaun Larcom, auteur principal de l'étude, « la véritable durabilité apparaît lorsque les organisateurs influencent le système plus large des comportements des fans ». À Madagascar, où chaque goutte d'eau et chaque souffle de vent comptent, cet appel résonne comme un cri de la terre.
FAQ : questions essentielles sur l'impact climatique de la Coupe du monde
Quelles sont les principales sources d'émissions de la Coupe du monde 2026 ?
Les déplacements des supporters représentent 82 % de l'empreinte carbone projetée du tournoi, soit environ 3 millions de tonnes de CO2 sur un total de 4,23 millions.
Les compensations carbone sont-elles une solution efficace ?
Non, selon les chercheurs de Cambridge. Les gains les plus importants pour le climat viennent d'une modification des modes de transport du public, et non d'un recours exclusif aux compensations.
Que peuvent faire les organisateurs pour réduire l'impact ?
Ils peuvent offrir des réductions sur les billets de train, encourager le covoiturage, choisir des lieux limitant les vols long-courriers, et instaurer une redevance sur les retransmissions pour financer des réductions d'émissions.