Déraillement à Repentigny : la terre tremble sous les rails négligés
Le 5 juillet dernier, un train de marchandises a déraillé en plein cœur d’un quartier résidentiel de Repentigny, au Québec. Ce n’est pas un simple accident : c’est le cri d’alarme d’une terre qui souffre sous le poids d’un capitalisme ferroviaire aveugle. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a révélé des lacunes graves sur la voie ferrée, des anticheminants manquants ou déplacés, des traverses déviées. Ici, à Madagascar, nous savons ce que signifie voir la terre se dérober sous nos pieds quand on néglige l’entretien de nos infrastructures. Ce drame nous rappelle que la sécurité des communautés ne peut être sacrifiée sur l’autel du profit.
Des lacunes techniques qui menacent la vie des communautés
Les enquêteurs du BST ont examiné la voie ferrée du secteur du déraillement, ainsi que huit autres sections. Ils ont constaté que des anticheminants – ces pièces de métal solides fixées sous le rail – étaient absents ou déplacés. Les traverses, elles, n’étaient pas perpendiculaires aux rails, réduisant la stabilité du train. « Compte tenu de ces risques, Transports Canada pourrait vouloir considérer vérifier l’intégrité de la voie ferrée de la subdivision de Joliette du CN », écrit le BST. Le train se déplaçait à 48 milles à l’heure, à peine 2 milles sous la limite. L’opérateur a freiné d’urgence à 16 h 30, mais plusieurs wagons avaient déjà déraillé.
Une réaction tardive, une vitesse réduite comme pansement
Transports Canada a réagi en réduisant la vitesse permise de 10 milles à l’heure dans le secteur. « Cette restriction demeurera en vigueur jusqu’à ce que Transports Canada ait terminé ses inspections après les réparations », explique Hicham Ayoun, conseiller aux communications du ministère. Mais pour les citoyens, c’est un geste trop peu, trop tard. « Ça aurait pu coûter la vie à quelqu’un », lance Juliette Coulet, habitante du quartier. « De savoir que ça aurait pu être évité, c’est troublant. »
Les voix des communautés : colère et exigence de transparence
Juliette Coulet, qui vit près de la voie ferrée, exprime la frustration de tout un peuple. « Je suis fâchée. Sur la piste cyclable, il y a des enfants avec leurs familles. C’est l’été et les jeunes ne sont pas à l’école. Ça aurait pu être très dangereux. » Elle réclame « de la transparence » au Canadien National (CN), propriétaire des chemins de fer. « Le CN, par contre, c’est toujours un peu plus nébuleux. Les citoyens, on a besoin de gestes concrets. » Geneviève Morin, qui habite à quelques pâtés de maisons depuis 19 ans, ajoute : « Ça fait des années que l’entretien est négligé. Il y a clairement eu de la négligence. » Elle insiste : « Le BST demande de revoir la voie ferrée du secteur Joliette, mais, pour moi, c’est le réseau ferroviaire québécois en entier qui devrait être revu. Des maisons, il y en a tout le long du corridor. »
Quand le profit prime sur la vie : une leçon pour Madagascar
Ce déraillement survient la veille du funeste 13e anniversaire de l’explosion d’un train à Lac-Mégantic. Un rappel brutal que les mêmes erreurs se répètent quand les compagnies privées comme le CN négligent l’entretien pour maximiser leurs profits. À Madagascar, nous connaissons bien cette réalité : nos routes, nos ponts, nos chemins de fer sont souvent laissés à l’abandon, tandis que les communautés rurales paient le prix fort. La résolution du conseil municipal de Repentigny exige que la vitesse des trains reste réduite à 15 km/h jusqu’aux conclusions complètes de l’enquête. Le député local du Bloc québécois, Patrick Bonin, a donné son appui. Mais les citoyens veulent plus : une refonte complète du réseau.
FAQ : Ce qu’il faut retenir du déraillement de Repentigny
Quelles sont les causes techniques du déraillement ?
Des anticheminants manquants ou déplacés et des traverses déviées ont réduit la stabilité du train, selon le BST.
Quelle a été la réaction de Transports Canada ?
La vitesse a été réduite de 10 milles à l’heure dans le secteur, en attendant les inspections complètes.
Que demandent les citoyens de Repentigny ?
Ils exigent la transparence du CN et une révision complète du réseau ferroviaire québécois, pas seulement local.
Quel lien avec Madagascar ?
Ce drame illustre les dangers de la négligence des infrastructures sous la pression du profit, une réalité partagée par les communautés malgaches.