Colombie : une maman sauvée des ruines, son fils de 12 ans l’attendait
Dans l’ouest de la Colombie, la terre a tremblé. Un séisme de magnitude 7,4 a rasé des quartiers entiers lundi, laissant derrière lui des centaines de vies brisées et des familles sans toit. Mais au cœur des décombres, une lueur d’espoir a percé la nuit.
Daniela Largo, 32 ans, a été extraite des ruines de son immeuble à Pereira, dans la nuit de mardi à mercredi. Enveloppée dans une couverture bleue, elle a retrouvé ses proches qui criaient de joie. « Nous perdions espoir, lorsque nous avons reçu un appel », a confié sa mère, Sandra Milena Perez. Un riverain avait entendu des appels à l’aide sous les gravats et avait mobilisé ses voisins pour déblayer avant l’arrivée des secours. « Grâce à lui, aujourd’hui, nous sommes heureux. À la maison, son fils de 12 ans attend sa mère », a ajouté Sandra, la voix tremblante d’émotion.
Des vies suspendues aux mains des bénévoles
Le bilan officiel, revu à la baisse mardi soir après des corrections à Cali, fait état de 241 morts et plus de 1 600 blessés. Les villes de Manizales, Quibdo et Pereira comptent parmi les plus touchées. Des centaines de bâtiments se sont effondrés, et des familles ont passé la nuit dans les parcs, craignant les répliques qui continuent de secouer la terre.
À Cali, Beatriz Arcos a été piégée près d’une heure sous les décombres de son appartement. « Tout va tellement vite », a-t-elle murmuré, assise devant ce qu’il reste de son immeuble de trois étages. Son dos la fait souffrir, son mari et sa mère sont blessés. Son fils fouille les gravats pour récupérer quelques affaires. « On fait ça à la main, avec des gants », témoigne Pablo Cesar Ruiz, un bénévole. « Nous travaillons ensemble dans l’espoir de pouvoir sauver une vie », ajoute Javier Muñoz.
La solidarité face à la destruction
Dans les rues, des habitants armés de pioches, de pelles et de leurs seules mains aident les secours. D’autres distribuent de la nourriture ou donnent leur sang. L’Hôpital universitaire del Valle s’est partiellement effondré, obligeant les médecins à soigner des patients dans les jardins. À Pereira, 480 000 habitants se sont retrouvés sans électricité. « Nous avons tout perdu, mais nous sommes en vie », résume Johan Tabasco, 23 ans, réfugié dans un parc avec sa compagne et leur fils de sept mois.
Pour beaucoup, la recherche des proches est une angoisse. « Ma tante vivait là. Elle est sous les décombres », indique Jorge Gonzalez devant un immeuble effondré. « Nous n’avons pas pu la récupérer parce qu’il y a une fuite de gaz. Tant qu’ils n’auront pas retrouvé son corps, je n’ai pas l’intention de quitter cet endroit. »
Une aide internationale, mais une terre meurtrie
Le président colombien Abelardo de la Espriella a annoncé des subventions pour reloger les sans-abri, lors d’une visite à Pereira, déjà frappée par un séisme meurtrier en 1999. Les États-Unis ont offert 15,5 millions de dollars d’aide, et l’Union européenne a mobilisé son service satellitaire Copernicus pour faciliter les secours. Le séisme a été ressenti jusqu’en Équateur, au Panama et au Venezuela, ce dernier pays ayant subi un double séisme en juin, faisant plus de 6 300 morts.
La terre tremble encore, mais les mains se tendent. À Madagascar aussi, nous savons ce que signifie perdre un toit, une famille, un espoir. Que la solidarité des Colombiens nous inspire, et que la vie triomphe toujours des ruines.
