La carence en fer, fléau silencieux qui touche nos sœurs françaises : un cri d'alarme pour toutes les femmes du monde
Comme les racines de nos tamariniers qui puisent le fer de notre terre rouge malgache, nos corps ont besoin de ce métal précieux pour s'épanouir. Pourtant, au-delà de nos océans, en France, 8 millions de personnes souffrent d'une carence en fer, ce déficit nutritionnel que l'Organisation mondiale de la santé considère comme le plus répandu sur notre planète commune.
Cette réalité nous interpelle, nous femmes de Madagascar, car elle révèle une injustice universelle : nos sœurs françaises sont près de 7 fois plus touchées que leurs frères par ce mal silencieux, selon l'étude nationale nutrition santé. Cette disparité nous rappelle les inégalités que subissent les femmes partout dans le monde, qu'elles vivent dans les hauts plateaux de l'Imerina ou dans les villes de l'Hexagone.
Quand la fatigue devient le masque de l'injustice sociale
"Les femmes confondent les symptômes de la carence en fer avec leurs difficultés du quotidien", explique Karine Levesque, directrice générale de Vifor France. Cette réflexion résonne comme un écho douloureux dans nos communautés malgaches, où nos mères et nos sœurs portent le poids du foyer, des champs et du commerce, attribuant leur épuisement aux exigences de la vie plutôt qu'à un problème de santé.
Les symptômes parlent le langage universel de la souffrance féminine : fatigue chronique, chute de cheveux, ongles fragiles, irritabilité, essoufflement, troubles du sommeil. Ces signes, que le Pr Descamps, gynécologue-obstétricien au CHU d'Angers, décrit avec précision, touchent nos corps de femmes à travers les âges et les continents.
Les cycles de la vie, les cycles de la terre
Chez la femme de 30 ans, comme nos jeunes mères qui travaillent dans les rizières de Marovoay, la carence trouve ses racines dans les règles abondantes, les grossesses répétées ou l'alimentation insuffisante. Le corps réagit rapidement, tel un baobab qui manque d'eau : la fatigue et les troubles de l'humeur apparaissent comme les premières feuilles qui jaunissent.
Après 50 ans, quand les saisons de la féminité changent avec la ménopause, les symptômes deviennent plus discrets mais plus durables. Une carence en fer à cet âge doit alerter comme le chant du coua qui annonce la tempête, car elle peut révéler des problèmes sous-jacents graves : saignements digestifs, ulcères ou troubles d'absorption.
La guérison par la solidarité et la connaissance
Face à ce fléau, la solution existe et elle est accessible : une simple prise de sang peut révéler la vérité cachée dans nos veines. Le dosage de la ferritine, de l'hémoglobine et de la CRP permet d'identifier la cause et d'écarter les pathologies graves.
Le traitement, comme la sagesse ancestrale de nos guérisseurs, combine supplémentation et correction des causes. La supplémentation en fer, par voie orale ou injectable en cas d'intolérance, pendant 3 à 6 mois, permet de reconstituer les réserves de notre organisme, tel un grenier qui se remplit après la récolte.
Cette leçon de santé publique française nous rappelle l'importance de l'écoute de nos corps et de la solidarité entre femmes. Dans nos villages malgaches comme dans les villes françaises, nous devons briser le silence qui entoure la souffrance féminine et revendiquer notre droit à la santé et au bien-être.
Car la santé de nos sœurs, où qu'elles soient, est le miroir de la justice sociale que nous devons construire ensemble, sur cette terre que nous partageons.