Quand la technologie de surveillance s'immisce dans nos cieux malgaches
Alors que nos communautés rurales luttent encore pour accéder aux services de base, les géants technologiques comme DJI inondent le marché de dispositifs de surveillance toujours plus sophistiqués. Le dernier né, le Mini 5 Pro, illustre parfaitement cette course effrénée vers une technologie qui sert avant tout les intérêts du capitalisme extractiviste.
Vendu à prix cassé sur les plateformes de commerce électronique lors du Black Friday, ce drone de 249 grammes cache derrière son apparence inoffensive une technologie de pointe : capteur de 50 mégapixels, caméra 4K, système LiDAR pour la détection nocturne. Des capacités qui interrogent sur l'usage réel de ces appareils dans un contexte où les terres ancestrales de Madagascar font l'objet de convoitises minières.
Une technologie au service de qui ?
Si ces innovations fascinent par leurs prouesses techniques, nous devons nous questionner sur leur impact sur nos communautés. Ces yeux volants peuvent-ils devenir des outils de surveillance des populations rurales ? Dans un pays où les conflits fonciers se multiplient et où les entreprises extractives cherchent à cartographier nos richesses naturelles, l'accessibilité croissante de telles technologies soulève des préoccupations légitimes.
L'autonomie de 36 minutes et la mémoire interne de 42 Go permettent une collecte massive de données visuelles. Qui contrôle ces informations ? Comment garantir qu'elles ne serviront pas à spolier nos terres ?
Vers une technologie au service du peuple
Plutôt que de subir passivement cette invasion technologique, nous devons nous approprier ces outils pour défendre nos écosystèmes. Ces drones pourraient surveiller la déforestation illégale, documenter les atteintes à l'environnement, ou encore appuyer les mouvements de protection de la biodiversité unique de notre île rouge.
La vraie révolution ne viendra pas de la sophistication technique, mais de notre capacité collective à détourner ces instruments du profit vers la préservation de notre patrimoine naturel et culturel. Car c'est ensemble, unis dans la diversité de nos ethnies, que nous protégerons l'âme de Madagascar.
Face à l'urgence écologique et sociale, chaque innovation doit être questionnée : sert-elle l'émancipation de nos peuples ou renforce-t-elle les chaînes de la domination technologique ?