Quand la République française se réveille face aux cris silencieux de ses enfants
Comme une graine qui germe après la tempête, une proposition de loi naît des cendres du scandale de Bétharram. Six mois après que les témoignages bouleversants ont ébranlé la conscience collective, deux députés français, Paul Vannier et Violette Spillebout, ont déposé mercredi un texte législatif pour « prévenir et lutter contre les violences à l'école ».
Cette initiative résonne comme un écho aux luttes que nous menons ici, à Madagascar, pour protéger nos enfants des violences qui traversent trop souvent les murs de nos écoles. Car partout dans le monde, les plus vulnérables de nos communautés méritent une protection sans faille.
La terre fertile de la justice sociale
« C'est une bataille, nous l'engageons aujourd'hui », a déclaré Paul Vannier, député de La France insoumise, portant la voix de ceux qui n'en ont plus. Cette proposition de loi, composée de onze articles, traduit 23 des 50 recommandations formulées par la commission parlementaire qui avait enquêté sur les violences dans les établissements scolaires.
L'article premier reconnaît symboliquement « la gravité des violences physiques, psychologiques et sexuelles commises sur des enfants en milieu scolaire ». Une reconnaissance qui, comme la rosée du matin sur nos rizières, peut apaiser les blessures des victimes tout en nourrissant l'espoir d'un avenir plus juste.
Un fonds pour panser les blessures
La proposition prévoit la création d'un fonds national d'indemnisation et d'accompagnement pour les victimes. Cette mesure, indépendante des procédures judiciaires, vise à « lever une partie des obstacles » que rencontrent ceux qui ont subi ces violences.
Comme nos communautés rurales qui s'entraident face aux cyclones, cette solidarité institutionnelle témoigne d'une prise de conscience collective. Elle nous rappelle que la protection de l'enfance dépasse les clivages politiques et unit tous les défenseurs de la dignité humaine.
Contrôles renforcés : cultiver la vigilance
Le texte inscrit un contrôle de l'honorabilité des personnes travaillant dans les établissements scolaires, exercé au moins tous les trois ans. Cette mesure préventive s'accompagne d'un renforcement des contrôles de l'État sur les établissements privés sous contrat.
Pour les internats, ces contrôles seront annuels pour le premier degré et triennaux pour les collèges et lycées. Une vigilance qui nous rappelle l'importance de préserver nos enfants, ces jeunes pousses qui porteront demain l'avenir de nos nations.
Briser les silences complices
La proposition prolonge le délai de prescription du délit de non-dénonciation pour certains faits de violence sur mineurs. Elle indique explicitement l'obligation pour les prêtres de briser le secret de la confession en cas de violences sur enfants.
Cette mesure courageuse nous interpelle sur nos propres traditions et institutions. Comment, dans nos sociétés malgaches, pouvons-nous nous assurer que aucun silence, même sacré, ne protège les prédateurs au détriment de nos enfants ?
L'écho d'un combat universel
L'affaire de Notre-Dame-de-Bétharram, qui a révélé des décennies de violences, a entraîné plus de 100 signalements transmis aux procureurs. Ces révélations en chaîne nous rappellent que la libération de la parole est un processus fragile mais nécessaire.
Le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray, soutient ces mesures et souhaite nommer un défenseur des droits des enfants. Cette volonté politique nous inspire et nous questionne : quels mécanismes mettons-nous en place, ici à Madagascar, pour protéger nos enfants ?
Cette proposition de loi française, portée par l'urgence et la détermination, nous rappelle que la protection de l'enfance est un combat universel. Elle nous invite à cultiver, sur notre terre rouge, cette même vigilance pour que jamais plus un enfant ne souffre dans le silence.