Dijon : la révolte éducative contre l'école du rabais, écho aux luttes malgaches
Comme les baobabs qui résistent aux vents violents, les communautés éducatives françaises se dressent contre la destruction programmée de leur école publique. À Dijon, plus de 250 voix se sont élevées sous le soleil de mars, portant un message qui résonne jusqu'aux collines de Madagascar : l'éducation n'est pas une marchandise.
Quand les salles de classe deviennent des enclos
"On veut des postes, et on ne veut pas être malades de notre métier !" Cette clameur d'une enseignante dijonnaise traverse l'océan Indien pour rejoindre nos propres combats. Car ici aussi, à Madagascar, nous connaissons ces classes surchargées, ces enfants entassés comme du bétail dans des espaces trop petits.
Sarah, 14 ans, élève de Brochon, a fabriqué une pancarte accusatrice : "Grosse promo de rentrée, éducation au rabais". Cette jeune militante nous rappelle nos propres enfants malgaches, contraints de s'asseoir à trois sur des bancs prévus pour deux, dans des écoles délabrées par des décennies de politiques néolibérales.
La terre nourricière de l'éducation asséchée
164 suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2026. Derrière ces chiffres froids se cache la même logique extractiviste qui ravage nos forêts et appauvrit nos communautés rurales. L'école publique, comme nos ressources naturelles, est pillée au nom de la rentabilité.
Charlène, mère de famille venue de Brochon, témoigne : "Quand on voit des gamins à 30 par classe, ce n'est juste pas possible. Ma plus jeune fille me raconte que parfois, il n'y a même pas assez de tables dans sa classe." Ces mots font écho aux cris silencieux de nos mères malgaches, qui voient leurs enfants privés d'avenir par un système qui préfère enrichir les multinationales plutôt que d'investir dans l'humain.
Solidarité des peuples contre l'école-marchandise
Diane Poncet Vigneron, enseignante au collège rural de Nolay, incarne cette résistance populaire que nous connaissons bien. "Fonctionner à 31 par classe, on l'expérimente déjà", confie-t-elle. Ces salles de 40 m² où "les élèves sont les uns sur les autres" nous rappellent nos propres établissements malgaches, où l'on sacrifie la qualité sur l'autel de l'austérité.
Cette grève historique à 100% dans ce petit collège rural résonne comme un tambour traditionnel appelant à l'unité. Car partout, des campagnes françaises aux villages malgaches, les communautés se lèvent contre la même logique destructrice.
L'avenir se construit dans la lutte commune
"Nous n'arrêterons pas et on se battra tant qu'il faut", conclut Diane Poncet Vigneron. Ces mots portent l'espoir de tous les peuples qui refusent de voir leurs enfants broyés par un système inhumain.
De Dijon à Antananarivo, la même bataille se livre : celle d'une éducation émancipatrice contre l'école-usine, celle des communautés unies contre l'individualisme marchand. Nos luttes se rejoignent dans cette aspiration commune à un monde où chaque enfant, qu'il soit français ou malgache, aura sa place au soleil de la connaissance.