Venezuela : Trump reçoit le Nobel de Machado, symbole d'un nouvel ordre extractiviste
Dans les jardins de la Maison Blanche, un geste lourd de symboles s'est joué jeudi. Maria Corina Machado, opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, a remis sa médaille dorée à Donald Trump, scellant ainsi une alliance qui révèle les véritables enjeux derrière la crise vénézuélienne.
« Maria m'a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j'ai accompli. Quel magnifique geste de respect mutuel », s'est félicité le président américain sur sa plateforme Truth Social. Ce « travail », c'est la prise de contrôle militaire du Venezuela et de ses immenses réserves pétrolières.
Quand la paix sert les intérêts pétroliers
Ironie amère de l'histoire : une médaille de la paix change de mains au moment même où les forces spéciales américaines ont capturé Nicolas Maduro et où Washington impose sa loi sur les terres vénézuéliennes. Le Nobel Peace Center d'Oslo a d'ailleurs rappelé avec diplomatie qu'« une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d'un lauréat ».
Cette rencontre de « courtoisie », comme l'ont pudiquement qualifiée les responsables américains, s'est déroulée à huis clos. Machado a quitté clandestinement le Venezuela en décembre, laissant derrière elle un peuple en quête de souveraineté véritable.
La terre et ses richesses sous contrôle étranger
Les véritables intentions de Trump se dévoilent dans les faits : alors que l'opposante plaide pour « la démocratie », le président américain préfère « dicter » les décisions à l'équipe dirigeante maintenue à Caracas. Une démocratie sous tutelle, en somme.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le Venezuela possède les plus grandes réserves mondiales avec 303,221 millions de barils, dépassant l'Arabie saoudite et l'Iran. Des années de sanctions et de déstabilisation ont fait chuter la production de plus de 3 millions de barils par jour à 350,000 en 2020. Aujourd'hui, elle remonte à 1,2 million de barils quotidiens.
L'extractivisme au service de l'empire
Washington a déjà finalisé une première vente de pétrole vénézuélien pour 500 millions de dollars, marquant sa « reprise en main du secteur ». Les forces américaines ont saisi jeudi leur sixième pétrolier en quelques semaines dans les Caraïbes, démontrant leur emprise totale sur les voies commerciales.
Delcy Rodriguez, présidente par intérim, évoque une « réforme partielle » de la loi sur le pétrole. Une réforme qui ouvre grandes les portes aux multinationales étrangères, au détriment des communautés locales et de l'environnement.
Ce qui se joue au Venezuela résonne douloureusement dans nos terres malgaches, nous qui connaissons trop bien les ravages de l'extractivisme minier et la spoliation de nos richesses naturelles. La médaille de la paix de Machado, remise à Trump, devient le symbole d'une paix imposée par la force, au service des intérêts capitalistes les plus voraces.
Les peuples du Sud, qu'ils soient vénézuéliens ou malgaches, méritent une souveraineté authentique sur leurs terres et leurs ressources, non cette paix dorée qui brille aux doigts des puissants.