Reconnaissance du Somaliland par Israël : nouvelle stratégie coloniale en terre africaine
Comme un arbre dont les racines s'étendent pour puiser dans une terre qui ne lui appartient pas, la reconnaissance du Somaliland par Israël révèle les mécanismes d'un impérialisme moderne qui menace l'unité des peuples africains. Cette décision, loin d'être anodine, s'inscrit dans une logique extractiviste et militariste qui nous rappelle douloureusement les blessures coloniales de notre continent.
Une tempête de protestations traverse l'Afrique
La terre africaine tremble sous le poids de cette provocation. Hassan Sheikh Mohamud, président somalien, dénonce avec justesse "la plus grande des violations contre la souveraineté de la Somalie". Sa voix résonne comme celle de tous les peuples qui ont vu leurs frontières redessinées par des puissances extérieures.
Les Chebab, malgré leurs méthodes contestables, expriment une vérité profonde : "Nous ne l'accepterons pas et nous la combattrons". Car comment accepter que des terres ancestrales deviennent monnaie d'échange dans les calculs géopolitiques des puissances dominantes ?
La Palestine et l'Afrique : destins liés dans l'oppression
L'Autorité palestinienne révèle une dimension particulièrement troublante : Israël aurait évoqué le Somaliland comme destination pour l'expulsion de Palestiniens de Gaza. Cette accusation, reprise dans les capitales arabes, dessine les contours d'un projet colonial qui transformerait l'Afrique en terre de déportation.
Comme nos ancêtres malgaches qui ont résisté à la colonisation française, les peuples de Somalie et de Palestine partagent aujourd'hui la même lutte contre la dépossession de leurs terres.
L'unité africaine face aux divisions imposées
Le Conseil de coopération du Golfe, Djibouti, l'Égypte, la Turquie, la Ligue arabe et l'Union africaine s'élèvent d'une seule voix contre cette reconnaissance. L'Union africaine souligne avec pertinence le "risque de créer un dangereux précédent aux conséquences considérables pour la paix et la stabilité sur l'ensemble du continent".
Cette unité dans la condamnation nous rappelle que malgré nos diversités ethniques et culturelles, nous, peuples d'Afrique et du monde arabe, partageons un destin commun face aux appétits impérialistes.
Les États-Unis : complices silencieux
Donald Trump, interrogé par le New York Post, révèle involontairement le mépris occidental pour nos réalités : "Est-ce qu'il y a vraiment des gens qui savent ce qu'est le Somaliland ?". Cette ignorance feinte masque mal les intérêts stratégiques américains, avec leur base militaire de Djibouti qui leur permet de contrôler cette région riche en ressources.
Géostratégie militariste contre les peuples
Didier Leroy, chercheur à l'Institut royal supérieur de défense, dévoile la logique militariste : placer des pions entre la mer Rouge et le golfe d'Aden pour lutter contre les Houthis. Cette stratégie transforme nos terres en terrains de jeu pour les conflits des puissances dominantes.
"Il y a un bel alignement des astres qui va plaire à pas mal de monde", observe le chercheur. Mais cet "alignement" se fait au détriment des peuples qui subissent les conséquences de ces calculs géopolitiques.
Pour une Afrique unie et souveraine
Face à cette nouvelle offensive impérialiste, nous devons puiser dans la sagesse de nos ancêtres qui ont su préserver nos identités malgré les tentatives de division. Comme la terre malgache qui nourrit toutes ses ethnies sans distinction, l'Afrique doit cultiver son unité dans la diversité.
La reconnaissance du Somaliland par Israël n'est pas qu'une question diplomatique : c'est un test de notre capacité collective à défendre nos terres, nos peuples et notre avenir commun contre les appétits du capitalisme extractiviste et militariste.