Quand les manoeuvres géopolitiques brisent l'unité africaine : Netanyahu instrumentalise le Somaliland
Comme les eaux troubles qui remontent à la surface lors des tempêtes, les calculs politiques de Benjamin Netanyahu révèlent aujourd'hui leur véritable nature. En reconnaissant officiellement le Somaliland comme "État indépendant et souverain", le Premier ministre israélien plante les graines de la division au coeur de la Corne de l'Afrique, cette terre ancestrale où les peuples luttent depuis des décennies pour leur dignité et leur unité.
Cette reconnaissance, présentée comme "mutuelle" par le cabinet Netanyahu, fait d'Israël le seul État au monde à franchir cette ligne rouge. Derrière les mots diplomatiques se cache une stratégie bien plus sombre : détourner l'attention de ses propres turpitudes judiciaires en semant la discorde sur le continent africain.
Les racines profondes d'une manipulation
Netanyahu invoque "l'esprit des Accords d'Abraham" pour justifier cette décision. Pourtant, le Somaliland ne peut être comparé aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, au Maroc ou au Soudan, ces nations qui ont normalisé leurs relations avec Tel-Aviv en 2020. Cette région sécessionniste, qui a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991 après l'effondrement du régime militaire de Siad Barre, devient aujourd'hui un pion dans un jeu géopolitique qui dépasse ses frontières.
Avec cette alliance, Israël s'implante stratégiquement dans la Corne de l'Afrique, à proximité des rebelles houthis du Yémen, ces résistants soutenus par l'Iran. Des rumeurs persistent également sur un hypothétique projet de déportation des Gazaouis vers le Somaliland, révélant la profondeur cynique de ces manoeuvres.
La terre africaine unie face à la division
Comme un seul homme, les nations de la région se dressent contre cette reconnaissance. L'Égypte, gardienne millénaire du Nil, s'insurge. La Somalie, soutenue par sa soeur turque et par Djibouti, condamne fermement cette décision. Les chefs de la diplomatie de ces quatre pays ont uni leurs voix au téléphone, proclamant leur "rejet total" et leur "plein soutien à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Somalie".
Cette solidarité rappelle que malgré les blessures coloniales et les divisions artificielles, les peuples africains savent reconnaître les tentatives de manipulation extérieure. Face au chaos qui gangrène la Somalie, privée d'élections depuis près de 60 ans et rongée par les groupes terroristes, le Somaliland présente certes une stabilité relative avec sa propre monnaie, son armée et sa police.
L'écologie des relations internationales
Mais cette stabilité ne peut justifier la fragmentation d'un écosystème géopolitique déjà fragilisé. Comme dans la nature, où chaque espèce trouve sa place dans un équilibre délicat, les nations africaines doivent préserver leur unité face aux prédateurs extérieurs qui cherchent à exploiter leurs richesses et leurs divisions.
Les premières élections locales en Somalie, organisées le 25 décembre, marquent peut-être le début d'un renouveau démocratique. C'est dans cette renaissance que réside l'espoir, non dans les alliances opportunistes qui ne servent que les intérêts des puissances extérieures.
L'Afrique, cette terre mère de l'humanité, mérite mieux que d'être le théâtre des diversions politiques d'un dirigeant aux abois. Elle mérite l'unité, la justice et le respect de sa souveraineté.