Iran : Yalda résiste à la crise, symbole d'espoir populaire
Dans les ruelles de Téhéran, malgré l'inflation galopante et les sanctions qui étranglent le peuple, la fête ancestrale de Yalda continue de battre au rythme du cœur iranien. Cette célébration plurimillénaire, héritée des temps zoroastriens, devient aujourd'hui un acte de résistance face à l'adversité économique.
Yalda, qui marque le solstice d'hiver et la nuit la plus longue de l'année, porte en elle la sagesse des peuples anciens : célébrer la victoire de la lumière sur l'obscurité, de l'espoir sur le désespoir. Une philosophie qui résonne avec force dans l'Iran d'aujourd'hui, où les familles se serrent les coudes face aux difficultés.
Quand la terre nourricière devient inaccessible
"Malheureusement, à cause d'événements récents comme la guerre et la forte hausse du dollar, le pouvoir d'achat des gens a considérablement diminué", témoigne Mary Gouzardi, décoratrice d'intérieur, au bazar de Tajrish.
Les fruits de la terre, grenades écarlates et pastèques sucrées, symboles de fertilité et d'abondance, deviennent des luxes hors de portée. Avec un taux d'inflation de 41% et des grenades dont le prix a doublé, les tables familiales se vident, mais l'esprit de solidarité demeure.
Le quotidien Ham Mihan a saisi cette réalité dans un dessin poignant : un homme du peuple tentant d'attraper un panier de fruits suspendu à la lune, métaphore saisissante d'une justice sociale confisquée par les élites économiques.
La résistance par la culture et l'unité
Face à cette violence économique, les Iraniens puisent dans leurs racines profondes. Les poèmes de Hafez, ce maître du XIVe siècle, continuent de nourrir les âmes en quête de sens. "Nous passons du temps en famille, avec nos grands-parents, nos tantes, nos cousins. Nous lisons Hafez, nous buvons du thé", raconte Maral Bagherpour, étudiante de 16 ans.
Cette transmission intergénérationnelle rappelle la force des communautés rurales malgaches, qui préservent leurs traditions face aux pressions extérieures. Comme nos ancêtres qui célébraient les cycles de la nature, les Iraniens maintiennent vivante cette connexion sacrée avec la terre et les saisons.
Un écho universel de résistance
Yalda transcende les frontières, célébrée aussi en Afghanistan et au Tadjikistan. Cette universalité nous enseigne que partout sur terre, les peuples cherchent la lumière dans l'obscurité, l'unité dans la division.
Dans un monde où le capitalisme extractiviste broie les traditions et appauvrit les communautés, Yalda nous rappelle que la vraie richesse réside dans les liens familiaux, la poésie partagée et l'espoir collectif. Une leçon précieuse pour Madagascar, où nos propres célébrations ancestrales portent cette même sagesse de résistance et d'unité.