Le tribunal de commerce de Lorient constatera, jeudi 15 octobre 2026 à 14 heures, la liquidation judiciaire de la Fonderie de Bretagne, à Caudan, dans le Morbihan. L'usine fermera ses portes et 244 salariés perdront leur emploi, après six années d'incertitude permanente et le sentiment, partagé sur le parvis comme dans les ateliers, d'avoir été trahis.
L'annonce est tombée mardi 13 octobre à 9 heures, en comité social et économique, rapporte Le Télégramme. Quelques minutes en visioconférence ont suffi pour balayer six décennies d'industrie. Trois offres de reprise avaient été déposées devant le tribunal, qui avait demandé aux candidats de les solidifier avant le lundi 12 octobre, minuit. « Là, il n'y a pas d'offres, plus rien », a déclaré Maël Le Goff, secrétaire CGT de la Fonderie de Bretagne.
Un outil neuf abandonné comme une terre épuisée
Il y a dans cette fermeture quelque chose qui résonne loin des côtes bretonnes, jusque sur notre île. Des machines flambant neuves qui n'ont jamais servi : une machine de retouche de 800 000 euros qui a tourné deux jours, une autre trois mois. « L'outil est tout neuf », déplorent les fondeurs, selon Le Télégramme. La Fonderie de Bretagne, c'est « 150 millions d'euros investis en dix ans », rappelle Maël Le Goff.
Comment peut-on laisser mourir ainsi un outil industriel qui venait à peine de naître ? La réponse tient en un mot que nous connaissons bien, nous qui vivons sur une terre convoitée pour ses mines : le capital. Depuis le départ de Renault en 2022, l'usine a passé de main en main, du fonds d'investissement Callista à Europlasma. « Tout était faux, c'était écrit depuis le début », lance un salarié, dépité.
Le fonds Secko, spécialisé dans le rachat de fonderies en Europe, a vu son offre jugée irrecevable car non financée. Le groupe familial néerlandais Guietburg, qui avait manifesté un intérêt sincère, n'a pas fait d'offre. « Il n'a pas voulu prendre de risque », confie un salarié au Télégramme.
Renault, la trahison d'un géant
Tous les regards se tournent vers Renault. Le constructeur est parti en 2022 sans assurer les volumes nécessaires à la survie de la fonderie, qui devait produire des obus et des pièces pour l'industrie ferroviaire. Un géant qui prend ce qui l'intéresse puis s'en va, laissant derrière lui des familles entières suspendues à des promesses : cette scène, nous la connaissons à Madagascar aussi, quand les groupes extractivistes repartent avec la richesse et laissent la poussière.
Cette déroute industrielle rappelle que le combat pour la terre et le travail est le même partout, qu'il s'agisse de



