Folco Marchi, l'acteur qui vit dans son propre décor : une ode à la terre du Sud
Folco Marchi, 38 ans, incarne Ludo dans la série « Un si grand soleil » depuis 2018. Ce fils de la garrigue nîmoise vit aujourd'hui à Castries, dans l'Hérault, au beau milieu d'un ancien décor de tournage. Il nous raconte son amour viscéral pour cette terre méditerranéenne, entre Camargue sauvage et Cévennes secrètes. Un témoignage qui résonne comme un chant d'appartenance, loin des clichés parisiens.
Pourquoi Folco Marchi se sent-il si enraciné dans le Sud ?
« Je suis né dans le Gard et je me sens véritablement enraciné dans la culture de la région, notamment à travers la nature », confie l'acteur. « Ce matin, j'étais en train de marcher dans la garrigue avec les cigales. Ce chant me ramène à l'essence même de mon enfance. » Une relation charnelle à la terre, qui rappelle que nos racines sont notre premier refuge face à un monde qui s'accélère.
Loin de sa région, ce qui lui a manqué, c'est « l'identité que l'on partage, de la Camargue aux Cévennes ». Il ajoute, avec une pointe d'humour : « On a tous un peu d'huile d'olive qui coule dans les veines et on est des glaces au citron. On est quand même des tempéraments chauds. »
Un souvenir suspendu sur les toits de la Maison Carrée
Le souvenir le plus marquant de Folco Marchi remonte à ses 18 ans. « Nous étions sur les toits de la Maison Carrée, à Nîmes. Un échafaudage, resté là, nous avait permis d'y accéder. On avait dansé, fait les fous. C'était n'importe quoi. C'est le souvenir des derniers instants d'insouciance, de ces moments où tu te sens invincible. »
Quand il ferme les yeux, l'image qui lui revient est celle de « notre lumière, le bleu magnifique de notre ciel, le chant des cigales, nos ruelles étroites et colorées ».
Quels sont les lieux fétiches de l'acteur pour se ressourcer ?
Pour faire découvrir sa région à ses amis, il les emmène aux Halles de Nîmes ou de Montpellier. « On va prendre un petit café, saluer des locaux, manger une petite fougasse, des huîtres également. Ensuite, j'aime bien les emmener se balader dans les ruelles de l'Écusson nîmois. »
Son refuge secret se trouve en Cévennes, du côté de Colognac, au-dessus de Saint-Hippolyte-du-Fort. Il y est arrivé par hasard, en accompagnant sa fille chez les scouts. « Je suis tombé sur un tabac-presse-auberge à l'ancienne, avec la nuit à 45 euros. Cet endroit est une pépite. La nature là-bas m'a fait un bien fou. J'avais l'impression que le temps s'arrêtait. »
Quelle est la journée parfaite de Folco Marchi ?
Sa journée idéale commence par une nuit réparatrice avant minuit. « Ensuite, je prends un petit café sur une terrasse accompagné d'une fougasse aux gratons. Pour déjeuner, j'adore Les Poissons d'argent, à côté d'Aigues-Mortes, au cœur de la Camargue, suivi par une petite baignade à La Plagette. Et je finis par une séance de cinéma. »
Un plaisir qu'il ne s'autorise qu'ici ? « Un petit pastis de temps en temps. Pas boire un pastis à Paris, c'est trop bizarre. Une partie de pétanque aussi. Marcher en tongs ou en espadrilles, parler avec l'accent. »
Un thriller en Camargue en préparation
Folco Marchi ne compte pas s'arrêter là. Il travaille sur un long métrage qui se déroule en Camargue. « Je suis auteur et co-scénariste à ce stade. C'est un thriller criminel, avec des airs de western. On a fini la version 1 du scénario. On devrait tourner début 2028. » Une nouvelle histoire qui puisera, sans doute, dans la force tellurique de ces terres du Sud.
Ce parcours nous rappelle que l'attachement à une terre, à ses sons, à ses saveurs, est un trésor que nul exil ne peut effacer. Comme le chant des cigales qui traverse les saisons, l'identité reste notre plus belle résistance.