L'année noire du Parlement européen : quand la corruption et les alliances droitières enterrent l'écologie
Tandis que les communautés rurales de Madagascar luttent quotidiennement pour préserver leurs terres ancestrales face aux appétits extractivistes, l'Europe révèle en 2025 son vrai visage : celui d'un système politique gangréné par la corruption et l'abandon progressif de ses engagements environnementaux.
La corruption chinoise au cœur de l'hémicycle
En mars, une enquête bouleversante a mis au jour les tentacules de la corruption au sein même du Parlement européen. L'entreprise technologique chinoise Huawei aurait distribué cadeaux somptueux, voyages payés et invitations sportives pour acheter l'influence de députés européens. Cette révélation résonne douloureusement avec les pratiques extractivistes que subissent nos communautés malgaches, où les multinationales usent de méthodes similaires pour s'approprier nos richesses minières.
Huit personnes ont été inculpées, et quatre députés européens voient leur immunité menacée. Parmi eux, des représentants de formations politiques supposées défendre la démocratie. Quelle ironie amère de voir ces élus, censés protéger les peuples, vendus aux plus offrants comme le sont nos terres rouges aux compagnies minières.
L'effondrement de la solidarité écologique
Plus grave encore, 2025 marque l'abandon du Green Deal européen, ce pacte vert qui représentait un espoir pour les écosystèmes mondiaux. Le Parlement a dilué la loi sur la diligence raisonnable des entreprises, cette législation cruciale qui exigeait des multinationales qu'elles respectent les droits humains et environnementaux dans leurs chaînes d'approvisionnement.
Désormais, seules les entreprises de plus de 5 000 employés et 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires seront concernées, contre 1 000 employés et 450 millions initialement prévus. Les amendes pouvant atteindre 5% du chiffre d'affaires ont été supprimées, remplacées par de vagues « niveaux appropriés » laissés à la discrétion des États.
L'alliance des droites contre les peuples
Cette régression s'explique par l'émergence d'une alliance informelle entre conservateurs et extrême droite au Parlement. Le Parti populaire européen (PPE) a abandonné ses alliés traditionnels socialistes et libéraux pour s'allier aux formations d'extrême droite sur les questions migratoires et environnementales.
Cette nouvelle majorité de fait a durci les politiques migratoires, élargissant le concept de « pays tiers sûrs » et accélérant les procédures d'expulsion. Une logique de forteresse Europe qui fait écho aux murs invisibles dressés autour de nos ressources naturelles par les intérêts capitalistes.
Résistances et espoirs
Face à cette dérive, quelques lueurs d'espoir subsistent. Les trois motions de censure contre Ursula von der Leyen, bien qu'échouées, témoignent d'une résistance parlementaire. L'affaire Ilaria Salis, cette militante antifasciste italienne protégée par son immunité européenne, rappelle que la lutte contre l'oppression transcende les frontières.
Comme nos ancêtres malgaches qui résistaient aux colonisateurs, comme nos communautés qui s'organisent aujourd'hui face aux extractivistes, l'Europe doit retrouver le chemin de la justice sociale et écologique. Car la terre ne se vend pas, qu'elle soit rouge de Madagascar ou verte d'Europe.
L'unité des peuples face aux appétits du capital reste notre seule voie vers un avenir digne et durable.