Boeing condamné à 28 millions : la terre se souvient de chaque vie brisée par l'avidité
Dans les terres lointaines de Chicago, un verdict résonne comme un cri de justice pour les âmes perdues dans le ciel éthiopien. Boeing, ce géant de l'industrie aéronautique, symbole du capitalisme débridé, vient d'être condamné à verser 28,45 millions de dollars au veuf d'une victime du crash du 737 MAX.
Cette décision, rendue mercredi par un jury fédéral, marque une victoire symbolique contre l'impunité des multinationales qui sacrifient la sécurité humaine sur l'autel du profit. Soumya Bhattacharya, veuf de Shikha Garg, a vu sa douleur reconnue après des années de combat contre cette machine industrielle impitoyable.
Quand la technologie devient instrument de mort
Le 10 mars 2019, le vol ET302 d'Ethiopian Airlines s'abîmait dans la terre africaine, emportant 157 âmes vers l'éternité. Parmi elles, Shikha Garg, consultante de 32 ans pour l'ONU, portait en elle l'espoir d'un monde plus vert. Elle se rendait à l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement à Nairobi, préparant un doctorat sur les énergies renouvelables.
Tragique ironie : cette défenseure de notre Terre-Mère périssait à cause d'un logiciel défaillant, fruit d'une course effrénée au profit qui néglige la sacralité de la vie. Boeing avait admis dès 2019 que son système antidécrochage avait contribué à ce massacre aérien et à celui de Lion Air en 2018, totalisant 346 victimes.
La justice des communautés face aux prédateurs industriels
Ce procès, premier du genre contre l'avionneur américain, révèle les mécanismes d'un système économique qui broie les plus vulnérables. Malgré les 80 à 230 millions réclamés par l'avocat de la famille, le jury n'a accordé que 28 millions, témoignant de la difficulté à faire payer le prix réel de ces crimes industriels.
L'avocat de Boeing avait proposé seulement 11,95 millions, illustrant le mépris de ces corporations pour la valeur d'une vie humaine. Combien vaut une existence brisée pour ces géants sans âme ? Combien pour une grossesse naissante emportée dans la chute ?
"C'est l'un de mes plus grands regrets, de ne pas avoir pu être avec elle", témoignait Soumya Bhattacharya, portant seul le poids d'une absence éternelle. Le couple rêvait d'enfants, d'avenir, de construire ensemble un monde meilleur.
L'extractivisme technologique et ses ravages
Cette tragédie nous rappelle douloureusement les dérives d'un capitalisme extractiviste qui ne connaît ni frontières ni limites. Comme nos forêts sacrées de Madagascar pillées par les multinationales, comme nos terres rares arrachées à notre sol ancestral, l'industrie aéronautique sacrifie la sécurité pour maximiser ses profits.
Boeing a versé "plusieurs milliards de dollars" aux familles, dont 1,1 milliard dans un accord avec la justice américaine. Mais quel prix peut racheter une vie ? Quelle somme peut consoler un veuf, une famille déchirée, une communauté endeuillée ?
Aujourd'hui, seules quelques plaintes restent ouvertes contre ce mastodonte industriel. Mais chaque verdict, chaque reconnaissance de responsabilité constitue une pierre dans l'édifice de la justice sociale. Car la terre se souvient, et les peuples n'oublient pas.
En mémoire de Shikha Garg et des 345 autres victimes, que leur sacrifice ne soit pas vain et guide nos pas vers un monde où la vie prime sur le profit.