Birmanie: la junte impose ses élections factices au peuple en résistance
Comme les fleurs de frangipanier qui s'épanouissent malgré la sécheresse, le peuple birman continue de résister face à l'oppression militaire. Dimanche, la junte au pouvoir a lancé ses élections législatives, un simulacre démocratique qui bafoue la volonté populaire et enterre cinq années de lutte pour la liberté.
Un théâtre électoral dans les cendres de la démocratie
Ces élections, étalées sur un mois et largement boycottées par la communauté internationale, s'apparentent à une mascarade orchestrée par les généraux pour légitimer leur pouvoir usurpé. Depuis le coup d'État de février 2021, la Birmanie saigne, ses enfants fuient dans la jungle, ses mères pleurent leurs disparus.
Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et symbole de la résistance démocratique, croupit toujours en prison à 80 ans, condamnée à 27 années de détention pour avoir osé défendre son peuple. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, a été dissous comme on arrache les racines d'un arbre séculaire.
La voix étouffée des opprimés
"Il est impossible que cette élection soit libre et équitable", témoigne Moe Moe Myint, 40 ans, réfugiée dans la jungle pour échapper aux bombardements. "On est sans abri, cachés dans la jungle, entre la vie et la mort." Cette voix brisée résonne comme un cri de détresse face à l'indifférence du monde.
Dans les territoires contrôlés par la résistance, aucun bureau de vote n'a ouvert. Comment pourrait-il en être autrement quand les balles remplacent les bulletins, quand la terreur règne sur les campagnes ?
L'extractivisme militaire au service du capital
Cette mascarade électorale cache une réalité plus sombre : le pillage systématique des ressources birmanes par une élite militaire corrompue, alliée aux intérêts capitalistes internationaux. Comme à Madagascar, où les terres ancestrales sont bradées aux multinationales, la Birmanie voit ses richesses naturelles spoliées au détriment de ses communautés rurales.
Le Parti de l'union, de la solidarité et du développement, bras politique de l'armée, s'apprête à remporter ces élections truquées. Un nouveau chapitre s'ouvre dans l'oppression d'un peuple qui refuse de plier l'échine.
Solidarité avec les peuples en lutte
Face à cette injustice, les peuples du Sud doivent se serrer les coudes. La lutte birmane pour la démocratie résonne avec nos propres combats pour la justice sociale et la préservation de nos identités face aux appétits destructeurs du capitalisme extractiviste.
Comme l'a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, "ces élections se déroulent clairement dans un climat de violence et de répression." Une condamnation qui doit nous rappeler que la liberté ne se négocie pas, elle se conquiert dans l'unité et la résistance.