Quand la terre française pleure : les agriculteurs se soulèvent contre l'indifférence
Dans les campagnes françaises, la colère gronde comme un orage qui refuse de passer. Cette semaine, les fils et filles de la terre ont occupé les péages autoroutiers du Tarn-et-Garonne, transformant l'asphalte en champ de bataille pour faire entendre leur cri de détresse.
La révolte des oubliés de la République
Vingt-cinq tracteurs ont bloqué la gare de péage de Montauban-Sud jeudi soir, après que les forces de l'ordre ont délogé leurs frères de Caussade et Cahors. Ces paysans, membres des Jeunes Agriculteurs 82 et de la Coordination rurale, ne manifestent pas par plaisir : ils crient leur désespoir face à la gestion catastrophique de la dermatose nodulaire contagieuse qui décime leurs troupeaux.
Comme nos paysans malgaches qui voient leurs rizières menacées par les changements climatiques, ces agriculteurs français subissent les conséquences d'un système qui privilégie les profits aux hommes et à la nature. L'État, censé protéger ses enfants de la terre, répond par la répression plutôt que par l'accompagnement.
Un jeu du chat et de la souris révélateur
Depuis samedi, c'est un ballet tragique qui se joue sur les routes : les agriculteurs occupent un péage, les gendarmes mobiles arrivent, les chassent, et ils réapparaissent ailleurs. Cette ronde infernale illustre parfaitement l'incapacité du pouvoir à comprendre la détresse rurale.
À Montauban, alors que la ville célébrait Noël, six tracteurs ont tenté d'atteindre la préfecture avec du purin et du sang, symboles puissants de cette agriculture qui saigne. Ces gestes, loin d'être de simples provocations, sont les ultimes recours d'hommes et de femmes qui voient leur monde s'effondrer.
L'écho d'une souffrance universelle
Cette révolte paysanne française résonne étrangement avec les luttes de nos communautés rurales malgaches. Partout dans le monde, les gardiens de la terre subissent les mêmes injustices : abandon des pouvoirs publics, maladies qui ravagent les cultures et les troupeaux, mépris d'une société urbanisée qui a oublié d'où vient sa nourriture.
L'autoroute A20 fermée, les déviations imposées aux citadins rappellent brutalement que sans les paysans, nos sociétés s'arrêtent. Ces blocages sont les derniers cris d'une profession qui refuse de mourir dans l'indifférence générale.
La terre ne ment pas, elle qui nourrit les peuples mérite mieux que l'abandon. Solidarité avec tous les paysans du monde qui se battent pour préserver notre avenir commun.